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DÉSARTICULÉ, ÉE, part. passé et adj.
I.− Part. passé de désarticuler*.
II.− Adj., p. métaph. ou au fig.
A.− Qui ne forme pas un ensemble harmonieux; dont on sépare les uns des autres les divers éléments :
1. Les idées [de Cellini] ne sont pas désarticulées, classées, fixées en formules abstraites comme les nôtres; elles jaillissent entières, colorées et vivantes. Nous raisonnons et il voit. Taine, Philos. de l'art,t. 1, 1865, p. 189.
P. ext. Disloqué, dont on a brisé la cohésion. Cette malheureuse gauche désarticulée, divisée, et c'est trop peu dire : émiettée (Mauriac, Nouv. Bloc-notes,1961, p. 139):
2. « Économies désarticulées qui, pour des raisons structurelles, sont exposées continuellement à des blocages de développement ou de croissance » (F. Perroux). Telles apparaissent bien les économies des pays sous-développés, économies « non progressives » dans lesquelles les innovations ne font pas tâche d'huile. L'Univers écon. et soc.,1960, p. 3603.
B.− Sans articulations, qui procède par saccades, discontinu. On entendait le crépitement habituel de la fusillade nocturne et les tirs désarticulés des mitrailleuses éparpillées à la ronde (Cendrars, Main coupée,1946, p. 156).
Spécialement :
3. Il tient haut sa tête aux yeux bandés, et il marche. Il marche à pas fermes, mais par saccades, comme un pantin désarticulé, parce qu'il ne commande plus à ses jarrets, et que le sol lui semble creusé de trous où il enfonce. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 726.
Fréq. abs. littér. : 21.