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CROQUIGNOLE2, subst. fém.
Chiquenaude donnée sur la tête ou sur le nez. Recevoir des croquignoles. Synon. chiquenaude, nasarde, pichenette.Les oreilles écartées de la tête figuraient assez bien les deux anses d'un pot, et donnaient de la prise aux croquignoles et aux nasardes (Gautier, Fracasse,1863, p. 30):
Je suis allé au Joueur (...). Le joueur n'agit point (...) tandis qu'il y aurait eu tant de choses comiques à lui faire faire (...) la scène où il donne des croquignoles au marquis, par exemple, ne signifie rien à la première vue... Stendhal, Journal,t. 1, 1801-18, p. 133.
Rem. La docum. atteste la loc. arg. taper sur la croquignole au sens de « énerver, taper sur les nerfs ». Sale mioche, va, il commence à m'taper su la croquignole! (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 158).
Prononc. et Orth. : [kʀ ɔkiɳ ɔl]. Ds Ac. 1694 et 1718, s.v. croquignolle; ds Ac. 1740-1932 sous la forme moderne. Étymol. et Hist. 1. xves. « chiquenaude » (Mystère de Saint-Quentin, éd. M. Chatelain, 4326); 2. 1562 corquignolles savoreuses (Rabelais, Cinquième Livre, 33, éd. Ch. Marty-Laveaux, III, 218). Orig. incertaine. Peut-être dér. de croquer* « frapper » (v. FEW t. 2, p. 1359 a); le sens 2 d'apr. croquer* « broyer sous la dent », p. plaisant. (cf. casse-museau); le mode de formation du mot reste obscur. Fréq. abs. littér. : 4. Bbg. Gohin 1903, p. 247. − Sainéan (L.). Notes d'étymol. romane. Z. rom. Philol. 1906, t. 30, pp. 307-308. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925] p. 259; t. 2 1972 [1925] p. 317, 318, 348.