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COCUFIER, verbe trans.
A.− Pop. Tromper, faire cocu. Cocufier son mari. Cocufier un pharmacien (Flaubert, Correspondance,1877, p. 27):
1. − Oh! Ma petite enfant, tu ne vas pas me donner des leçons de conduite chrétienne! Je n'ai pas trompé une seule fois de toute ma vie un mari que je détestais et qui me cocufiait par delà les lustres. Druon, Les Grandes familles,1948, t. 1, p. 127.
B.− Au fig., fam. Tromper, duper. Le cerveau loyal, nu, pas profond, toujours trompé par la clarté, cocufié (Valéry, Suite,1934, p. 48):
2. Jamais (...) l'héroïsme ne fut aussi généreusement cocufié par la nature humaine, depuis six mille ans que ce rare pèlerin d'amour est forcé de concubiner avec elle. Bloy, Le Désespéré,1886, p. 180.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Cocufieur, subst. masc. Celui qui cocufie (cf. Stendhal, Journal, t. 2, 1805-08, p. 365). b) Cocufiable, adj. Qui peut être cocufié (cf. Bloy, La Femme pauvre, 1897, p. 296).
Prononc. : [kɔkyfje], (je) cocufie [kɔkyfi]. Étymol. et Hist. 1660 (Molière, Sganarelle, scène 16 ds Littré). Dér. de cocu*; suff. -fier*. Fréq. abs. littér. : 14.