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CASQUER2, verbe.
Argot
A.− Emploi intrans. Tomber, donner dans un piège, en particulier en payant (d'avance) :
1. Le fermier alléché par l'espoir du gain casque (donne dans le piège), et croit ne pouvoir payer assez cher, un morceau de strass monté sur cuivre. Dict. de l'arg. ou la Lang. des voleurs dévoilée,1847, p. 82.
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill. et ds la plupart des dict. d'argot.
B.− P. ext. Payer.
1. Emploi intrans. Casquer de (une certaine somme). Être entraîné à payer une certaine somme. Maman, en deux mois, a fait casquer Fumeau de trois cent mille balles (Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre,1900, p. 240).
2. Emploi trans.
a) [Le compl. désigne une somme d'argent] Des snobs, prêts à casquer deux mille balles pour vous voir en chair et en os (S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 250).
Emploi abs. :
2. [julot.] − ... Dans la journée, il commençait à s'émécher un peu partout chez tous les p'tis bistros du quartier, et c'était toujours sa malheureuse femme qui casquait. J. Lévy, Gosses de Paris,1898, p. 18.
Faire casquer qqn. Faire casquer le contribuable (Courteline, L'Article 330,1900, p. 281).
b) [Le compl. désigne une pers.] ... s'il a pas d'quoi Pour casquer son propriétaire [P. Paillette] (A. Bruant, Dict. fr.-arg.,1905, p. 256).[Le barman au garçon serveur :] On est pas casqués pour se mêler de leurs histoires [du patron et du gérant] (A. Le Breton, Du Rififi chez les hommes,1953, p. 136).
Prononc. : [kaske], (je) casque [kask]. Étymol. et Hist. 1. 1835 arg. « tomber dans un piège » ([Raspail], Réforme pénitentiaire, p. 2); d'où 2. 1844 arg. « payer » (F. Vidocq, Les Vrais mystères de Paris, t. 7, p. 14). Empr. à l'ital. du centre et du nord cascare attesté ds Batt. t. 2 au sens de « tomber » dep. le xives. (Dante), plus récemment cascarci [avec le pronom ci correspondant à y accolé] « y tomber (dans le piège, le panneau) » dep. le xviiies. (Goldoni); l'ital. est issu du lat. vulg. *casicāre dér. du rad. de casus, part. passé de cadĕre. Fréq. abs. littér. : 8. Bbg. Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. et pop. Cah. Lexicol. 1970, t. 17, no2, p. 6. − Hope 1971, p. 443. − Rupp. 1915 [Cr. Spitzer (L.). Literaturblatt für germanische und romanische Philologie. 1921, t. 42, pp. 308-309]. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 149, 293. − Sain. Lang. par. 1920, p. 192.