Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

CALAMITE1

substantif féminin
A. —Vx. Pierre d'aimant que l'on mettait dans un roseau pour la faire flotter; p. ext., boussole :
D'abord calamite, puis aiguille flottante, la boussole, (...), devient vraiment pratique lorsque l'aiguille est placée sur un pivot. (J.-B. Charcot, Christophe Colomb vu par un marin, 1928, p. 86)
B. —P. anal. Marne ou argile blanchâtre qui, mise dans la bouche, attire la salive.
Prononciation et orthographe
[kalamit]. Ds Ac. 1762-1932.
Étymologie et histoire
1.
a) xive s. [date du ms] calemite « pierre d'aimant » (Brunet Latin, Trésor, éd. P. Chabaille, I, partie III, ch. CXX, p. 147, une pierre d'aimant [ms. R., Bibl. nat. fr. 726 (anc. 7160° ) Scribe italien, v. éd. Chabaille et éd. Carmody] : c'est calemite);
b) 1527 calamite « boussole » (Cl. de Seyssel, trad. de Thucydide ds Hug.);
2. 1611 « argile » (Cotgr.). Empr. à l'ital. calamita (Vidos, p. 267; Hope, p. 31) attesté ds Batt., au sens 1 a dep. le xiiie s. (Pier della Vigna), au sens 1 b av. 1348 (Francesco da Barberino; cf. 1294, lat. médiév. calamita « boussole », Roncière, Un inventaire de bord, p. 408 ds Vidos), lui-même empr. au gr. médiév. καλαμίτα (DEI ; Devoto) « aimant », Du Cange, Gloss. mediae et infimae graecitatis, s.v., gr. καλαμίτης « fait de roseau » dér. de κάλαμος « roseau »; les sens d'« aimant » et de « boussole » viennent de ce que le roseau était empl. à l'orig. comme flotteur de l'aiguille aimantée de la boussole.
Bibliographie
Hope 1971, pp. 31-32; p. 149 (n. 2). — Sar. 1920, p. 49. — Wind 1928, p. 164.