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BUTÉ, ÉE, part. passé et adj.
I.− Part. passé de buter*.
II.− Adj. (cf. buter II A).
A.−
1. [En parlant d'une pers.] Qui est fixée dans une détermination, une opinion, une attitude. Buté comme trente-six mille mules! (Céline, Mort à crédit,1936, p. 550):
Butées dans nos préférences, nos manies, nos principes et nos valeurs, nous nous entendions, ma sœur et moi, pour reprocher aux autres enfants leur bêtise. S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 61.
Péj., usuel. Dont l'opinion ou le sentiment sur quelqu'un ou quelque chose sont désagréablement perçus comme fermés à toute donnée ou argumentation pouvant les modifier. Et MmeDaudet parlait assez justement du côté d'enfant buté et boudeur qui était en Geffroy (E. et J. de Goncourt, Journal,1889, p. 1107);il était passionné, buté, doctrinaire − quoique dans ses livres ses arguments soient si judicieux et impartiaux (Blanche, Mes modèles,1928, p. 135).
PARAD. Borné, cabochard, entêté, obstiné, obtus, têtu.
Emploi subst. Un buté. Ce mari c'est un butor, un buté (Céline, Mort à crédit,1936, p. 147).
2. [En parlant d'une expr. ou d'une attitude hum.] Qui traduit l'hostilité à toute modification. Le vagotonisme, dogmatisme étroit et buté (Mounier, Traité du caractère,1946, p. 625);il n'avait même pas pu obtenir un délai de quelques jours. (...) par la volonté butée, vindicative, de ce vieux clubman (Druon, Les Grandes familles, t. 2,1948, p. 93);quand elle avait cet air buté, il ne fallait pas espérer la convaincre (S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 390).
SYNT. Un refus buté, une réponse butée; une obstination, une opposition butée; un air, une expression, un front, un regard, une tête, un visage buté(e); une conduite, un esprit, une volonté buté(e).
[En parlant d'un produit du psychisme de l'activité hum.] Le littéralisme intransigeant et buté de la loi écrite (Weill, Le Judaïsme,1931, p. 230);la croyance héritée, butée dans sa tranquillité aveugle (Mounier, Traité du caractère,1946, p. 454).
B.− [En parlant d'un animal] Un petit coup de fouet, bien cinglant, pour faire repartir la bête butée (Colette, La Vagabonde,1910, p. 14).
P. compar. (cf. Céline, Mort à crédit, 1936, p. 550).Assez heureux guérisseur des fièvres locales, mais âne bâté et buté pour tout le reste (E. et J. de Goncourt, MmeGervaisais,1869, p. 248).
Rem. On rencontre dans la docum. le subst. masc. butement. Synon. de entêtement. L'entêtement d'une femme du peuple, le butement borné de l'inintelligence (E. et J. de Goncourt, Journal, 1891, p. 145).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 243. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 9, b) 63; xxes. : a) 226, b) 855.