Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BURIN

substantif masculin
A. —TECHNOL. Outil d'acier dont l'une des extrémités, taillée en biseau, permet de couper ou de graver les métaux ou le bois. Gravure au burin; travailler au burin :
1. De même que le burin, le tranchet existait déjà au Moustérien sinon à l'Acheuléen et nous en avons trouvé qui sont caractéristiques dans les alluvions de la Bournègre dont nous avons parlé déjà. (S. Blanc, Initiation à la préhist., 1932, p. 82)
— P. méton. Art du burin. « Admirez cette finesse... C'est d'un burin... Ah! Quel burin ! » (H. Bataille, Maman Colibri, 1904, I 11 p. 10).
— P. anal. ou métaph. La plume d'André Theuriet me paraît un burin effroyable (Giraudoux, Bella, 1926, p. 98) :
2. « Arrivée au terme de ma course, il ne me reste plus qu'à confier au burin de l'histoire les noms de quelques hommes célèbres moissonnés sur mon passage. (...) » (Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin, t. 2, 1812, p. 392)
3. Les rides que creuse le burin de la douleur ont une dureté qui les décèle au premier examen : ... (Estaunié, L'Ascension de M. Baslèvre, 1919, p. 270)
B. —P. ext.,MAR. Épissoir en bois utilisé pour réunir deux cordages terminés chacun par un œillet; « sorte de ciseau à froid servant à couper le fil d'acier » (Gruss 1952).
Prononciation
[byʀε̃].
Étymologie et histoire
A.
1.
a) 1420 « instrument d'acier dont on se sert pour graver sur les métaux » (Inv. de Philippe le Bon dans Gay);
b) 1676 « ciseau d'acier pour couper les métaux » (Félibien Dict.); p. méton., pour désigner le graveur : un bon burin (Fur. 1690); l'estampe gravée au burin (Besch. 1845); fig. 1808 plume de l'écrivain (Boiste); 1819 le burin de l'histoire (Ibid.);
2. technol.
a) 1706 art dentaire (Rich.);
b) 1740 serr. (Trév.);
c) 1771 mar. (Ibid. : Burins ou Tappes [...] pour calfater les vaisseaux);
d) 1773 id. « épissoir » (Bourdé de Villehuet, Manuel des marins, Paris).
B. 1811 astron. « petite constellation australe » (Mozin-Biber). Orig. peu claire (DEI; EWFS2 ); l'hyp. la plus gén. reçue en fait un empr. à l'ital. burino (FEW t. 15, 1, pp. 191-192; Bl.-W.5 ; REW3, n° 1224; Dauzat 1968), issu du longobard *boro « foret » qui se rattache à l'all. mod. bohren « percer ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 60.
Bibliographie
Hope 1971, p. 31.