BRIC-À-BRAC
substantif masculin invariable Ensemble d'objets de peu de valeur et de provenance diverse, présenté dans le plus grand désordre :
1. L'appartement, trop vaste pour elle, n'avait jamais été meublé complètement; et un luxe criard, des consoles et des chaises dorées, s'y heurtait avec un bric-à-brac de revendeuse, ... (, Nana, 1880, p. 1122)
2. Trésor impossible à décrire, les objets du tiroir ayant tellement dérivé de leur emploi, s'étant chargés de tels symboles, qu'il n'offrait au profane que le spectacle d'un bric-à-brac de clefs anglaises, de tubes d'aspirine, de bagues d'aluminium et de bigoudis. (, Les Enfants terribles, 1929, p. 38)
• Brocante :
3. Ce plat, fort curieux d'ailleurs, et qui a peut-être eu l'honneur de donner une idée à Molière, existait encore en septembre 1845; il était à vendre chez un marchand de bric-à-brac du boulevard Beaumarchais. (, Les Misérables, t. 1, 1862, p. 604)
— P. métaph. :
4. Mais tout était pêle-mêle : sa pensée était un capharnaüm, un bric-à-brac de juif, où étaient empilés dans la même chambre des objets rares, des étoffes précieuses, des ferrailles, des guenilles. (, Jean-Christophe, La Révolte, 1907, p. 378)
5. Toute l'histoire du librettiste m'avait paru des plus médiocres, il y a quinze ou seize ans, mais hier soir, j'y ai reconnu les différentes phases de l'initiation rosicrucienne. Tout le bric-à-brac de l'au-delà théosophique est rassemblé dans ces scènes où passent des grands prêtres sur un fond de flammes. (, Journal, 1942, p. 198)
Remarque : On rencontre dans la docum. les dér. et composés suivants : a) Bricabracant, ante, adj., néol. d'aut. Qui tient du bric-à-brac. Le mobilier bricabracant du grand poète (E. et J. de Goncourt, Journal, 1890, p. 1247). Emploi subst. Aspect de bric-à-brac. Au milieu du pittoresque bricabracant de la maison (E. et J. de Goncourt, Journal, 1893, p. 451). b) Bricabracois, oise, adj., néol. d'aut. Qui concerne le bric-à-brac (cf. Balzac, Le Cousin Pons, 1848, p. 45). c) Bricabracologie, subst. fém., néol. d'aut. Science du bric-à-brac (cf. Id., ibid., 1848, p. 9). d) Bricabracomanie, subst. fém., néol. d'aut. « Manie de la collection d'objets hétéroclites » (Rheims 1969). La bricabracomanie fait rage à Pétersbourg (Balzac, op. cit., p. 326).
Prononciation et orthographe
1. Forme phon. : [bʀikabʀak]. 2. Forme graph. — Au plur. des bric-à-brac (cf. Littré, Guérin 1892, Lar. encyclop., Quillet 1965; cf. aussi Ortho-vert 1966).
Étymologie et histoire
[Ca 1570 « à tort et à travers » dans FEW t. 23, p. 213a; peut-être par confusion entre l'auteur de la citation suivante et Bl. de Montluc]; 1616 à bricq et à bracq « id. » (A. de Monluc, Comédie des proverbes dans Anc. Théâtre, t. 9, p. 32); 1825 (Ac. Suppl. : Bric à brac. Nom que l'on donne à ceux qui achètent de la vieille ferraille); 1834 (J. Vernier, Revue de Paris, 7, 264 dans Quem. : la mode du bric-à-brac). Formation expressive composée de 2 onomat. d'orig. obsc. (v. FEW, loc. cit.).
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 138.
Bibliographie
Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 396.