Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

BIT(T)URE, (BITURE, BITTURE)

substantif féminin
A. —MAR. Partie d'une chaîne élongée sur le pont, filant librement avec l'ancre lors du mouillage. Prendre une bonne bitture. « Prendre la longueur de câble suffisante » (DG).
• Prendre (la) bitture. Élonger la bitture sur le pont.
— Loc. fam. À toute bitture. À toute allure.
B. —Pop. Ivresse. Prendre, se donner une bit(t)ure. Synon. cuite :
... je possède encore demi-douzaine de bouteilles d'ale qui ne vous est pas désagréable et (...) nous pourrions nous donner une biture... (Mérimée, Lettres aux Antiquaires de l'Ouest, 1870, p. 220)
Prononciation et orthographe
[bity:ʀ]. Ac. Compl. 1842, Besch. 1845 et DG écrivent bitture avec 2 t. Dub. écrit bitture avec 1 seul t. Lar. 19e, Nouv. Lar. ill. et Lar. encyclop. ainsi que Rob. et Quillet 1965 admettent bitture ou biture (pour d'autres ex. de ces 2 var. cf. sém.).
Étymologie et histoire
1515-29 mar. prendre biture (Jean Parmentier, Chant Royal dans Jal1, s.v. Ès-bare! ); 1771 prendre bitture (Trév.) ; p. ext. [1835] arg. « excès de nourriture, de boisson » [d'apr. Esn.] 1842 (E. de La Bédollière, Les Écoles militaires, Franc. p.p. eux-m., t. V, p. 122 dans Fr. mod., t. 14, p. 218). Dér. de bitte*; suff. -ure*; l'identification de biture avec boiture « boisson, débauche de boisson », xve s. dans Gdf. (Dauzat 1968), peu attesté, lui-même dér. du m. fr. boite « id. » (xve s., Ibid.), du lat. bibita, n'est pas acceptable du point de vue phonét.; cette ext. de sens est prob. née dans l'arg. des marins par l'intermédiaire de syntagmes tels que prendre [une] biture « s'en donner tout son soûl », l'arrivée au port étant l'occasion de ripailles et de beuveries, etc.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 3.
Bibliographie
De Gorog 1958, p. 64. — Sain. Lang. par. 1920, p. 48, 105, 165, 166, 269. — Tournemille (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1965, p. 86.