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BIGORNE1, subst. fém.
A.− Objet à deux pointes, à deux bouts.
1. TECHNOL. Enclume très allongée à deux cornes ou saillies latérales. L'outil principal en dehors du marteau et de la forge, c'est l'enclume à deux pointes appelée bigorne (F. Fillon, Le Serrurier,1942, p. 13).
P. méton. Le travail sur la bigorne :
1. Allons, tisonnier, lève la main de derrière, hardi la bigorne, (...) scène de soudage par forgerons. D. Poulot, Le Sublime ou le Travailleur comme il est en 1870 et ce qu'il peut être,1872, p. 171.
P. ell., emploi subst. apposé. Poinçon bigorne. Poinçon obtenu par la bigorne :
2. ... l'objet d'orfèvrerie à marquer est placé sur une enclume, ou bigorne, (...) le coup de poinçon, frappé au marteau, fournit ainsi deux empreintes bien différentes, d'une part le poinçon légal, normalement insculpé sur une partie visible dudit objet, et d'autre part le poinçon bigorne, ... S. Grandjean, L'Orfèvr. du XIXes. en Europe,1962, p. 33.
2. MAR. Ciseau utilisé pour couper les clous qui gênent le travail du calfatage. PEAUSS. ,,Masse de bois avec laquelle les corroyeurs foulent les peaux mouillées`` (Bouillet 1859).
B.− P. méton., arg.
1. [P. réf. à la coiffure à deux cornes (cf. bicorne*)] Police, infanterie.
2. [P. allus. aux coups répétés frappés sur l'enclume] Bataille. Aller à la bigorne. Monter en ligne, aller à l'attaque.
P. ext. Bagarre (cf. Queneau, Pierrot mon ami, 1942, p. 118).Sauver qqn de la bigorne.
PRONONC. ET ORTH. : [bigɔ ʀn]. Ac. Compl. 1842 et Besch. 1845 admettent une var. bigorgne.
ÉTYMOL. ET HIST. − I.− 1386 bigorgne « bâton ferré par un bout » (A.N. JJ 129, pièce 186 [Du Cange, s.v. Biscorna] dans Gdf. Compl.); 1389 « sorte d'enclume dont chaque extrémité est en pointe » (Arch. admin. de Reims, III, 742, ibid.); 1808 (Boiste : Bigorne... banc de corroyeur); 1831 mar. (Will. : Bigorne. Espèce de coin de fer dont se servent les calfats pour couper les clous qui se trouvent dans les joints). II.− 1. 1901 (Bruant, p. 363 : Police. Bigorne); 2. 1901 (Id., p. 265 : Infanterie [...] Bigorne [...]). III.− 1917 [1916?] « bataille » (cité par G. Esnault 1936 dans IGLF Techn. : Au 109eInf. aller à la bigorne se dit dès 1917 [sinon 1916?]; c'est, pour parler d'une attaque, aller se faire amocher, ou bigorner); d'où 1942 « bagarre », supra B 2. I empr. au lat. bicornis « qui a deux cornes », début Iers. (Ovide, Met., 15, 304 dans TLL s.v., 1972, 19) prob. par l'intermédiaire de l'a. prov. bigorna, 1403, au sens d'« enclume » dans Pansier, p. 24; cf. prov. mod. bigorno (Mistral). II dér. régr. de bigorneau* étymol. I 1 et 2 ou emploi iron. du dialectal bigorgne « animal à deux cornes ». III emploi méton. de I (au sens d'« enclume ») avec la valeur de « lieu où l'on frappe » ou bien déverbal de bigorner* étymol. 2.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 7.