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foutu adj. non conv.  VALEUR  "devant un subst." - TLF, 1789 ; R, GLLF, 1844, Flaubert ; PR[77], cit. Flaubert ; FEW (3, 925b), 1881, Goncourt ; Lex.[75], cit. Gracq.
v. 1610 - «[...] il nous disoit : depuis que j'eumes hébrégé cette vetture, je n'en eus que malheur ; le vent s'est tourné, et jernigoi de la vetture, et de la foutue vetture.» Béroalde de Verville, Défaut, in Béroalde de VervilleLe Moyen de parvenir, III, 53 (Delarue) - P.E.
1662-68 - «Auteur foutu d'un foutu livre, / Escrivain foutu de Cypris, / Qui dans tous tes foutus écrits / Fais voir que bien foutre est bien vivre [...]» Madrigal liminaire, in [Millot]L'Ecole des filles, LXII (La Bibliothèque privée) - P.E.
1775 - «[...] les dits particuliers se sont approchés et les ont insultés en les traitant de foutre [sic] polisson et de foutu gueux, et se sont jetés sur eux. [...] les femmes Riolet lui ont dit : te voilà foutue la rouesse [sic], foutue voleuse qui a subtilisé mon billet de 50 écus, puis l'ont traitée de putain [...] il s'est emporté comme un furieux, a traité le comparant de Jean foutre et la demoiselle Guillemain de foutue gueuse, putain, s'est armé d'un pain avec lequel il a voulu le frapper [...] la dite Chapin les insulte journellement elle et sa mère, aujourd'hui elle est venue un balai à la main, et l'a traitée de foutue gueuse, putain, l'accusant de lui avoir volé 6 livres [...]» Rapport de police, in A. FargeVivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle , 39 et 118 et 130 et 137 (Gallimard/Julliard) - P.E.
*1790 - «Ce foutu gueux d'abbé Maury, me jetta un regard furieux, que j'ai cru que le bougre vouloit m'avaler [...]» Le Vomissement, 5 (s.l.n.d.) - P.E.
*1790 - «[...] est-ce que vous croyez que je ne suis pas, comme vous, de la foutue danse ?» Nous sommes foutus, 4 (s.l.n.d.) - P.E.
*1790 - «Il y aura, je m'y attends bien, de foutus aristocrates qui m'accuseront d'avoir manqué au roi par ce que je viens de dire.» Aux voleurs, aux voleurs, numéro 5, 3 - P.E.
*1790 - « Les foutus traîtres ! les foutus plat-gueux ! les triples chiens ![...] Foutus animaux qui ne savez dire DEUX que parce qu'on vous le souffle [...] Je te vais foutre douze fois la gueulle en l'air, foutu gredin.... [...] j'ai vu de ces travailleurs-là se casser les bras et jambes à dormir... J'en ai vu d'autres roulant une foutue brouette et une pelletée de terre dedans [...] CHARLES [Lameth] est blessé ; à cette foutue nouvelle, tout Paris rit à l'envers, et voilà tout le monde sur les dents !.... [...]» Jean Bart, numéro 16, 3, numéro 34, 3, numéro 61, 5, numéro 65, 4, numéro 98, 4 - P.E.
*1790 - « Les stricts stricts font la chasse à ceux qui vendent ces bougres de paperasses, parce qu'ils disent que cela scandalise les moeurs, comme si ces j...f... là ne les violoient pas davantage avec leurs foutus serments civiques [...] les foutus ahuris du faubourg Saint-Antoine ne seront pas toujours des bougres de bêtes, ni ceux du faubourg Saint-Marceau. Ils pourront bien reprendre leurs piques.[...] ces soixante et tant de jean-foutres sont députés de soixante stricts stricts, qui ont chacun un nom, de tous ces pénitens qui font les couillons devant le bon Dieu et à leur exemple les rendoublés de coquins font autant de foutus pince sans sire [sic], qui nous foutent de temps à autre, des vessies pour des lanternes [...] soit disant, ces foutus aristocrates ainsi qu'on les appelle, sont foutus le camp [...]» Je peux bien foutre mon avis tout comme un autre, 4, 8, 9, 11, 14 (Paris) - P.E.
*1790 - «Mais foutu dindonneau, tu me ferois créver la peau du ventre à force de rire [...]» [Lemaire]2e let. bougrement patriotique du véritable père Duchêne, 2 - P.E.
*1791 - «La mère Duchesne. Ma foi ! t'nez, c'est pour nous tretous la même chose. Depuis c'te damnée révolution, un tas de pauvres bougresses qui m'appellions ci-devant ben haut, pour m'acheter queuqu' chose, s'en venont aujourd'hui tout doux minette, me faire chit-chit, pour me vendre leux derniers haillons, qu'elles n'osons porter à c' foutu mont-d'piété.» [Buée]De par la mère Duchesne, 2 (s.l.n.d.) - P.E.
foutu (tout est -) loc. phrast. non conv. ÉVÉN. - BEI (c'est -), 1790 ; FEW (3, 925b), 1872, Lar. ; GR[85], cit. Sartre, 1949 ; TLF, ø d.
1622 - «Phylis tout est ... outu [sic] je meurs de la verolle ; / Elle exerce sur moy sa derniere rigueur [...]» T. de ViauOeuvres complètes, III, 267 (Nizet-Ateneo) - P.E.
foutu de + pronom loc. interj. PHRASÉOL. - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1760 - «En vérité, si je ne me flattois d'avoir pour vous et d'en obtenir en retour une amitié qui n'a pas tardé à vieillir, je craindrois d'abuser. Foutu de moi avec mon abus. Je ne sçais ce que je dis. Je vous embrasse, mon ami.» DiderotCorresp., III, 184 (Ed. de Minuit) - P.E.
imbécile (foutu -) loc. nom. non conv. INJURE - >- ø t. lex. réf. ; absent TLF imbécile : TLF, cit. Maupassant, 1882 ; Lex.[79], cit. Jouhandeau ; GLLF, 20e ; GR[85], ø d.
1790 - «[...] ces foutus imbecilles, au moment de parler, commenceroient par se taire [...]» Troisième confession de l'apprenti du père Duchêne, 11 (Paris) - P.E.
1790 - «Ils s'imaginent, les foutus imbécilles, pouvoir gagner, à prix d'argent, beaucoup de soldats.» [Lemaire]1e let. bougrement patriotique du véritable père Duchêne, 6 - P.E.
mal foutu loc. nom. m. péjor. CORPS "homme mal bâti" - GLLF, cit. Romains ; DHR, ø d ; absent TLF.
v. 1945 - «Il a le front bas et têtu, le nez écrasé, l'oeil globuleux ; et, tout malingre qu'il est, ce mal foutu donne une impression de vigueur [...].» R. Martin du GardLe Lieutenant-colonel de Maumort, 446 (Pléiade, 1983) - J.S.
mille pétards d'foutu cochon d'empaillé d'cosaque ! loc. interj. non conv.  JURON - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1884 - «Tonnerre de scrongnieugnieu ! Mille pétards d'foutu cochon d'empaillé d'cosaque ! En jurant ainsi, le colonel vient de bondir [...]» G. FrisonLes Aventures du colonel Ronchonot, 151 (s.l.n.d.) - G.S.