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bouquet (avoir le - sur l'oreille) loc. verb. COMM. "fig. : être à vendre" - FEW (15/I, 199b), BEI, 1640, Oudin ; L, ø d ; absent TLF. mettre - : FEW, 1611
1574 - «En ce mois, un capitaine dauphinois [...] vendit à une garde de la Cour l'évesché d'Amiens, qui dès longtemps avoit le bouquet sur l'aureille, la somme de trente mil francs [...]» P. de L'Estoile, Mém.-journ., I, 39 (Tallandier) - P.E.
1586 - «Mr de Joyeuse ayant esté adverty que cette place avoyt le bouquet (comme l'on dict) sur l'oreille et qu'elle estoyt en vente (car il n'y a rien de si certein qu'on l'avoyt présentée au Roy de Navarre et au prince de Condé) [...] il en parla au Roy [...]» R. de Lucinge, Let. sur la cour d'Henri III en 1586, 210 (Droz) - P.E.
cure n.f. ACTION "fig. : consommation abondante" - TLF (- d'honnêteté), cit. Zola, 1899 ; GR[85] (- de structuralisme), ø d.
1850 - «J'ai fini ma cure de romans, commencée il y a dix jours. Elle s'est composée de neuf romans, soit de quinze volumes, à savoir deux romans de G. Sand, deux de Jules Sandeau, un de Dickens et quatre de Charles de Bernard [...].» H.-F. Amiel, Journal intime, I, 740 (Lausanne, L'Âge d'homme, 1976) - P.E.
cure analytique loc. nom. f. PSYCHANAL. - GR[85], cit. Barthes, 1977 ; absent TLF ; in Lafon (s.v. cure) [1963].
1926 - «[...] cette sorte de personnalité seconde, dont il n'a jamais eu conscience jusqu'au moment de sa cure analytique, coexista chez lui avec un moi de caractère tout différent, c'est-à-dire d'une personnalité consciente très supérieure et très active et poursuivant avec ténacité un idéal masculin.» Ch. Odier, Contribution à l'étude du surmoi et du phénomène moral, Rapport, Genève, 1er août, in R. fr. de psychanal., 1ère année, numéro 1, 28 (1927) - M.C.
cure de sommeil loc. nom. f. MÉD. - GLLF, 1964, Lar. ; TLF, cit. Quillet, 1965 ; GR[85], ø d.
1953 - «Et les thérapeutiques par l'intermédiaire du cortex, que ce soit l'inhibition de la cure de sommeil ou la psychothérapie rationnelle de l'accouchement sans douleur, apportent une preuve supplémentaire, et combien éclatante, de cette même régulation corticale.» V. Laffite, in La Nouv. critique , numéro 45, avr.-mai, 213 et 220 - P.E.
cure psychanalytique loc. nom. f. PSYCHANAL. - GR[85], GLLF, TLF, Lex.[79], ø d.
• cure psycho-analytique - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1913 - «Le moment capital de la cure psycho-analytique est le report affectif (Ubertragung) ou transfert du sentiment insatisfait du malade sur la personne du médecin. (Le malade devient affectueux pour son médecin, rêve à lui, se montre jaloux des autres malades, ou au contraire, éprouve une certaine antipathie pour lui.)» A. Hesnard, La théorie sexuelle des psycho-névroses (Psycho-analyse de Freud), in Journ. de méd. de Bordeaux, numéro 24, 15 juin, 387 - M.C.
cure psychothérapique loc. nom. f. PSYCHOPATHOL. - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1902 - «Quelles sont les qualités essentiellement nécessaires au médecin psychothérapeute ? C'est de la patience, de la bonté et de la fermeté sans ces trois facteurs, il est impossible de faire avec succès une cure psychothérapique [...] Le malade doit la faire de bon gré, avec l'espérance d'être guéri.» Dr H. Zbinden, Neurasthénie et psychothérapie (Genève, Kündy), cité in Arch. de psychol., t.1, 356 (1902) - M.C.
cure uvale loc. nom. f. MÉD. - GLLF, TLF, 1878, Lar. ; GR[85], ø d.
• cure au raisin, cure aux raisins - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1863 - «L'étranger attiré à Vevay ou à Montreux, sur les bords du Léman, par le doux climat et le charme incomparable de ces beaux rivages, ne peut se lasser d'admirer dans les vignobles, s'élevant en terrasses superposées depuis le lac jusqu'à la région des noyers, les ceps vigoureux qui, sous le vert luxuriant des pampres, étalent la pourpre et l'or de leurs baies appétissantes et splendides. Beaucoup de ces admirables grappes se vendent aux malades que les médecins d'Allemagne envoient ici faire la cure aux raisins.» E. de Laveleye, in R. des deux mondes, t.43, 15 avr., 849 - M.C.
1875 - «Thérap. Cure au raisin. Il est un système de thérapeutique fort en vigueur depuis longtemps déjà de l'autre côté du Rhin et en Suisse, c'est la cure au raisin. Si nous en croyons les mémoires produits aux Académies des sciences et de médecine, le raisin, considéré comme moyen curatif, est appelé à régénérer l'espèce humaine.» Lar. GDU , (s.v. raisin) - TGLPF
cure-dent, cure-dents n.m. CORPS ÉROT. "verge" - DFNC, cit. Apollinaire, 1906 ; absent TLF.
1750 - «La bonne dame avait un si terrible ventre qu'il n'était pas possible de l'attaquer de ce côté-là. Le cure-dent d'un étalon de Mirebalay n'y aurait jamais atteint.» L.-Ch. Fougeret de Monbron, Margot la ravaudeuse, 702 (Laffont, Coll. Bouquins) - P.R.
cure-dents n.m. ALP. - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1959 - «Quelques-uns des trous étant un peu grands, des cure-dents en bois servent de cale. Malgré tout, pas un seul ne bouge lorsque nous montons dessus.» La Montagne et alpinisme, numéro 21, févr., 5 - C.T.
cure-dents (venir en -) loc. verb. VIE SOC. "être invité à une soirée ou à un bal, sans avoir été invité au dîner qui précède" - GR[85], DEL, cit. Proust, 1913 ; TLF, cit. Mauriac, 1947 ; BEI, déb. 20e.
1907 - H. France, Dict. de la langue verte, 76 (Nigel Gauvin) - Ch.Bu.
cure-ongles n.m. HYG. CORPS - GLLF, v. 1930 ; PR[72], 1933 ; absent TLF.
1893 - «Dans chaque salle sont des lavabos munis de brosses à ongles, de cure-ongles et de bocaux contenant un liquide désinfectant.»H. Napias, in J. Rochard, Encyclopédie d'hygiène, V, 507 - C.H.
1900 - «Mikulicz (1898) emploie dix à douze minutes à cette désinfection en se conformant aux règles suivantes : 1 lavage pendant trois minutes, sous un courant d'eau chaude stérilisée [...] ; 2 nettoyage des ongles avec un cure-ongles stérilisé et conservé dans une solution d'acide phénique à 5 p. 100 ou de lysol à 1 p. 100.»P. Chavasse, Nouv. éléments de petite chir., 71 (5e éd.) - C.H.
cure-ongles n.m. HYG. CORPS - absent TLF.
Add.DDL 8 (1893)
*1917 - «Nagelfeile [...]» Sachs-Villatte, Enzyklopädisches französisch-deutsches und deutsch-französisches Wörterbuch (Berlin-Schöneberg) - B.K.
oreille n.f. MOBIL. - GLLF, 1903, Lar. ; R, PR[77], ø d.
Compl.TLF (mêmes réf., ø texte)
1830 - «[...] son immense fauteuil à oreilles, au dos recourbé et garni en maroquin rouge [...]» Balzac, Le Bal de Sceaux, in Balzac, Scènes de la vie privée, t. I, 310 (Mame, Delaunay-Vallée et Levavasseur) - M.C.E.
*1830 - «[il] se renversa dans une délicieuse bergère à oreilles, dont le siège et le dossier décrivaient l'angle confortable de cent vingt degrés.» [Balzac], Etude de femme, in La Mode, 1er mars, 314 - M.C.E.
oreille n.f. COUTURE "attache du pantalon" - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1837 - «Ce petit vieillard [...] portait des culottes dont les oreilles dépassaient démesurément les boucles [...]» Balzac, La Femme supérieure, par. III, in La Presse, 4 juill., [3e page], col. 3pré-orig. d'une part. des Employés - M.C.E.
1841 - «Le bon prêtre vendait souvent les boucles d'argent de ses souliers et de sa culotte pour en donner le prix à des pauvres qui le surprenaient sans le sou. En le voyant sortir de son église, les oreilles de sa culotte nouées dans les boutonnières, les dévotes de la ville allaient alors racheter les boucles du curé chez l'horloger-bijoutier de Nemours, et le grondaient en les lui rapportant.» Balzac, Ursule Mirouët, I, ch. III, t. I, 34-35 (Bruxelles, Jamar) - M.C.E.
oreille n.f. GÉOGR. ALP. - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1975 - «Au-delà, des pentes de neige raides, de la glace, du givre, les très spectaculaires 'oreilles', quelques crevasses vraiment impressionnantes et, enfin, la splendide arête sommitale.» La Montagne et alpinisme, numéro 101, 3, 113 - C.T.
oreille n.f. "lieu de la conception et de l'accouchement dans les contes de nourrice" - ø t. lex. réf. ; absent TLF
1605 - «Caresse sa nourrice, la baise, se prend a son col [...]. N. "Mr gardés de faire mal au petit enfant", elle estoit enceinte. [...] H. "Mr, par où est-il entré ?" D. "Pa l'aureille" [...]. H. "Mr, par où sortira-t-il ?" D. [...] "Pa l'aureille".» J. Héroard, Journ., 1, 770 (Fayard) - P.R.
oreille (autant en pend à l'- de qqn) loc. phrast. non conv. ACT. OBJET "fig." - L, FEW (8, 173a), DEL, Mont. ; TLF, ø d.
1548 - «[...] le vilain se sentant picqué au vif le print assez lourdement par la manche, et en taille, luy dist : Escoute ? autant vous en pend à l'aureille, je suis autant fin qu'un autre [...]» N. Du Fail, Les Baliverneries d'Eutrapel, 15 (Klincksieck) - P.E.
oreille (rompre l'-) loc. verb. RELAT. "fig." - L, DG, ø d ; absent TLF.rompre les oreilles : GLLF, 1549, R. Est. ; R, DELF, ø d
1569 - «De tant de beaux diseurs il n'a joye pareille, / Aussi tant de flateurs ne luy rompent l'oreille ; / Il ne peult à plusieurs montrer benivolence, / Aussi de tant d'ingratz il ne sent nulle offense [...]» E. Du Tronchet, Discours du contentement d'un homme de village, in Fleuret et Perceau, Les Satires fr. du XVIe siècle, I, 124 (Garnier) - P.E.
oreille (se faire tirer l'-) loc. verb. RELAT. "fig." - FEW (6/I, 398a), GLLF, DEL, BEI, 1611, Cotgr. ; Gc, Larivey ; L, cit. Scarron ; GR[85], cit. Diderot ; TLF, cit. Balzac.
v. 1562 - «Que les seigneurz tant souuerains que subalternes scachent ce que leurz subiectz leur doiuent & ne demandent pas plus. Que les subiectz aussy le scachent & ne se facent tirer laureille pour le paier.» F. Bonivard, Advis et devis de l'ancienne et nouvelle police de Genève, suivis des Advis et devis de noblesse, 357 (Impr. Fick) - P.E.
1587 - «Le bon compagnon se fist un peu tirer l'aureille pour faire trouver la saulce meilleure.» Cholières, Les Après-dînées, in Cholières, Oeuvres, II, 217 (Jouaust) - P.E.
oreille d'orme loc. nom. f. rég. BOT. "bolet" - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1816 - «[...] le Boletus juglandis qu'on mange en quelques provinces sous les noms de Miellin, Langou, Oreille d'Orme (car, malgré son nom botanique, il se trouve sur différens arbres) [...]» A.P. de Candolle, Essai sur les propriétés médicales des plantes, 329 (Crochard) - P.E.
oreille d'ours loc. nom. f. BOT. - TLF, cit. Balzac, 1836 ; L, DG, FEW (1, 181a), ø d.
*1839 - «Elle réunit ensemble une tête de pavot, deux oeils de boeuf, une gueule de lion, deux oreilles d'ours, deux jambes de coq, et deux pieds d'alouette.»De Rougemont et Monnier, Amandine, II, iii - B.W.
oreille d'ours loc. nom. f. BOT. - GLLF, 1690, Fur. ; TLF, cit. Balzac, 1836 ; DDL 6, 1839 ; L, DG, FEW (1, 181a), R, ø d.
1611 - Cotgrave, Dict. - R. L. rom., 40, 233.
oreille d'ours loc. adj. COULEUR - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1881 - «Robe de chambre bleu clair et peluche oreille d'ours.» La Mode illustrée, 1 - A.Ré.
oreille de parisien loc. nom. f. CUIS. - ø t. lex. réf. ; absent TLF.
1690 - «[...] est un petit ouvrage de Pâtisserie fait de boeuf fort épicé, enveloppé d'une paste légère en forme d'oreille, qu'on appelle autrement rissole.» Furetière, Dict.
1750 - Dict. des aliments, III, 285 - F.R.-R.S.
oreille de souris loc. nom. f. BOT. "myosotis" - FEW (12, 113b), 1546, Rab. ; GLLF, 1690, Fur. ; TLF, 1594, Tournefort ; L, DG, R, PR[77], ø d.
Add.DDL
*1546 - «Semblablement maintz arbrisseaux croissans entre les fentes des pierres, come Ioubarbe, Erogene, Parietaire, Chelidoine, Alsine ou oreille de soriz, Polypode, Adianthe, ou perruq de Venus, & Ceterac enrouillé d'vn coste, auec la grad Lunaire, & autres tousiours viues, aimis & hàtàs les vieilles murailles [...]» J. Martin, trad. : [F. Colonna], Discours du songe de Poliphile, f 17 r (Club des Libr. de France) - P.E.
oreille de souris loc. nom. f. BOT. "myosotis" - DDL 21, TLF, 1546, J. Martin ; FEW (12, 113b), 1546, Rab. ; GLLF, 1690, Fur. ; L, DG, GR[85], ø d.
1544 - L. Duchesne, In Ruellium de Stirpibus Epitome, 7 (Parisiis) - R. L. rom., 47, 201.
puce (avoir la - à l'oreille) loc. verb. non conv. AFFECT. "fig. : être inquiet, désemparé" - FEW (9, 523a), GLLF, GR[85], BEI, 1640, Oudin ; TLF, 1642, Oudin ; DEL, 17e.
1593 - «Le Roy, qui n'inclinoit pas en cet endroit, qui avoit la puce à l'oreille pour n'estre pas venu à bout de son desseing, fust aysément desgouté de cette entreprise [...]» R. de Lucinge, Dialogue du Français et du Savoysien, 104 (Droz) - P.E.
souffler à l'oreille de qqn loc. verb. RELAT. "lui dire en confidence" - FEW (12, 408a), GLLF, TLF, DHR, 1636, Monet.
1537 - «Venir je voy tout plein de bons propos / (Sy on ne ment) qu'on me souffle à l'Oreille / Qu'avez tenus, & tenez sans repos, / De moy vostre humble [...].» E. de Beaulieu, Les Divers rapportz, 256 (Genève, Droz, 1964) - P.E.
talking cure n.f. d'apr. angl. PSYCHOL. - ø t. lex. réf. ; absent TLF ; in Marchais [1970].
1923 - «La malade [...] se mit à raconter l'histoire dont les mots murmurés pendant ses états d'absence avaient trahi l'existence [...] La malade elle-même qui, à cette époque de sa maladie, ne parlait et ne comprenait que l'anglais, donna à ce traitement d'un nouveau genre le nom de talking cure ; elle le désignait aussi en plaisantant, du nom de chimney sweeping. [...] A peu près à l'époque où Breuer appliquait sa 'talkingcure', Charcot poursuivait, à la Salpêtrière, ses recherches sur l'hystérie, qui devaient aboutir à une nouvelle conception de cette névrose.» Y. Le Lai, trad. : Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse , 39-40 et 52 (Payot) - M.C.
trompe-(l')oreille n.m. PERCEP. - TLF, cit. Apollinaire, 1918 (même texte).
1918 - «Quand un poète moderne note à plusieurs voix le vrombissement d'un avion, il faut y voir avant tout le désir du poète d'habituer son esprit à la réalité. Sa passion de la vérité le pousse à prendre des notes presque scientifiques qui, s'il veut les présenter comme poèmes, ont le tort d'être pour ainsi dire des trompe-oreilles auxquels la réalité sera toujours supérieure.» Apollinaire, L'Esprit nouveau et les poètes, in Mercure de France, n° 491, 1er déc., 389 - P.E.
*1977 - «Ils ont rajouté trois pas de danse et des chansonnettes, paroles très drôles de Jean Marsan, musique de François Rauber, qui pastiche Offenbach, Debussy : du trompe-l'oreille.» M. Cournot, in Le Monde, 27-28 nov., 28 - P.E.
trompe-l'oreille n.m. PERCEP. - DDL 15, 1977, Cournot trompe-oreille : DDL 34, 1851, Goncourt ; DHR, TLF, 1918, Apollinaire [d'apr. DDL 15].
1917 - «Les trompe-l'oeil et les trompe-l'oreille de Parade suscitent la réalité qui, seule, même bien recouverte, possède la vertu d'émouvoir.» J. Cocteau, in Excelsior, 18 mai, in A. Rossel, 14-18, avènement du monde contemporain, 212 (L'Arbre verdoyant) - P.E.
trompe-oreille n.m. PERCEP. - DDL 15, 1918, Apollinaire [repris in GR[85], TLF].
1851 - «[...] nous rythmons même à l'occasion le trompe-oreille d'une façon assez XVIIe siècle.» Goncourt, En 18..., 81 - P.W.
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