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BARIOLER, verbe trans.
A.− Fam. Assembler sur un objet des couleurs disparates, mal assorties :
1. Tandis que la foule hébétée se rassemble à considérer le bout de ruban rouge, bleu, noir dont le pasquin est bariolé, celui-ci lui vide adroitement ses poches... Chateaubriand, Essai sur les Révolutions,t. 2, 1797, p. 358.
2. ... le long des colonnes, elles [les ombrelles] descendaient en guirlandes (...) et, partout, rangées symétriquement, bariolant les murs de rouge, de vert et de jaune, elles semblaient de grandes lanternes vénitiennes, allumées pour quelque fête colossale. Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 619.
3. Parfois, certains spécimens appartiennent déjà au passé, ils évoquent un état de civilisation décapitée, qui a déjà perdu en partie, avec sa raison d'être, ce qui faisait son orgueil et son luxe : ainsi disparaissent les peaux de bisons sur lesquelles les Sioux bariolaient leurs textes hiéroglyphiques, les manteaux de plumes dont s'ornaient les grands chefs polynésiens... Vidal de La Blache, Principes de géogr. hum.,1921, p. 120.
Emploi pronom. réfl. Se barioler (de).Se couvrir d'objets aux couleurs criardes, se couvrir (p. ex. le visage) de couleurs ainsi assorties :
4. ... bariolons-nous de plumes d'oiseaux, teignons-nous du suc des plantes, couvrons-nous de coquillages, de palmes vertes, de médailles et d'oripeaux... Flaubert, La Tentation de st Antoine,1849, p. 386.
B.− Au fig. Assembler des idées bizarres, des expressions étranges, sans ordre ni goût. Barioler sa conversation, son style (Guérin 1892) :
5. D'habitude, il bariolait sa conversation d'une foule de mots dont il ignorait la signification. Sue (dsLar. 19e,1867).
Prononc. : [baʀjɔle], (je) bariole [baʀjɔl].
Étymol. ET HIST. − 1546 barrolé (cité dans Babeau, Vie rurale, 45 dans R. Hist. litt. Fr., t. 4, p. 135 : Tiretaine barrolée); 1617 barriolé (J. Olivier, Alphabet de l'imperfection des femmes, Epit. dédicat., ibid.); 1690 barioler (Fur.). Prob. composé tautologique, résultant du croisement de deux mots d'a. fr. de même sens, barré et riolé « rayé, bigarré » : barré (xives., Baudouin de Sebourc, éd. Bocca, I, 972 dans T.-L. : Gentement fu vestis d'une robe barree; v. barrer) et riolé (1380, Invent. du mobil. de Charl. V, no791, Labarte dans Gdf. : Item, ung autre pié de voirre, riollé a quatre compas, et, a chascun compas, ung ange), se maintiennent l'un et l'autre dans les dial., v. O. Bloch dans R. Ling. rom. t. 11, pp. 325-28 : riolé est dér. de l'a.fr. riule « règle (servant à régler) » (xiies., Rois dans Gdf.) du lat. regula (règle*).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 13.
BBG. − Bloch (O.). Notes étymol. et lex. R. Ling. rom. 1935, t. 11, pp. 325-328.