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BALLOTTER2, verbe.
I.− Emploi trans.
A.− Agiter en divers sens, faire aller alternativement dans un sens et dans l'autre. La mer nous a ballottés pendant trois jours et trois nuits sans relâche (Ac.1835-1932) :
1. Le soupçon affreux qui visitait cet angoissé l'ébranla de fond en comble, et, ballotté comme un fêtu par la tourmente, il trébucha, chancela, chut; ... L. Cladel, Ompdrailles,1879, p. 358.
2. L'enfant que souvent elles [les négresses] portent, attaché sur leur dos, affreusement ballotté, pousse des cris perçants... Loti, Le Roman d'un Spahi,1881, p. 161.
SYNT. Un bouchon, un fêtu ballotté sur les vagues; un bateau, une embarcation, un esquif ballotté par les lames; un navire ballotté par les flots; être ballotté par les courants, par la houle, par une grosse mer, sur une mer orageuse, sur les flots de la vie, par les tourbillons de la tempête.
Au fig. :
3. Il se peut que ces aventuriers réussissent, mais souvent aussi ils échouent, et, dans tous les cas, la plus grande partie de leur existence se passe à être ballottés d'incertitudes en périls et de périls en chocs violents. Gobineau, Les Pléiades,1874, p. 88.
Emploi pronom. passif, rare :
4. Pour moi qui (...) ai donc éprouvé, dans ce désarroi chétif des puissances de l'âme, ce qui se ballotte en nous de monstrueusement contradictoire, ... Sainte-Beuve, Volupté,t. 1, 1834, p. 22.
Loc. Ballotter qqn. [P. allus. au jeu de paume (cf. infra II)] Se renvoyer la balle sans faire de partie réglée. Ballotter une affaire. ,,La discuter, l'agiter de part et d'autre, en délibérer`` (Ac. 1798-1932).
P. ext. :
5. ... « Qu'est-ce que tu fais à tourner comme en cage? Auras-tu fini aujourd'hui? Voilà bien les hommes, des tatillons qui ne se décident jamais. » Elle est décidée, elle; elle ne comprend pas qu'on ballotte ainsi les raisonnements. Taine, Notes sur Paris,Vie et opinions de M. F.-T. Graindorge, 1867, p. 63.
B.− Spéc., CHORÉGR. Faire un ballotté*.
II.− Emploi intrans. Être agité par des secousses; remuer.
[Le suj. désigne une pers.] :
6. ... il ne voyait plus clair et ballottait sur son cheval. la bride lâchée et les pieds hors des étriers. Erckmann-Chatrian, Histoire d'un paysan,t. 2, 1870, p. 94.
Vieilli. [Le suj. désigne une chose] Cette porte, cette fenêtre ballotte, arrêtez-la (Ac. 1878), ce violon ballotte dans son étui (Ac. 1932).
Rem. On rencontre dans la docum. 1. Le part. prés. adjectivé ballottant (1836, Balzac, La Vieille fille, p. 281 : ,,sa veste de cotonnade bleue carrée à poches ballottantes sur les reins``). Qui ballotte. Tête ballottante. 2. Le néol. d'aut. ballôteur, euse, adj. Agité par des ballottements. ,,Ma détresse, chez moi, quand elle [une maîtresse] a ôté son corset, en voyant ces énormes masses ballôteuses bondir dans la chemise. Une rude leçon de choses qui n'a pas été perdue`` (Aymé, Le Bœuf clandestin, 1939, p. 167).
PRONONC. ET ORTH. : [balɔte], (je) ballotte [balɔt]. Enq. : /balot/ (il) ballotte. Fér. Crit. t. 1 1787 propose la graph. baloter avec un seul l et un seul t.
ÉTYMOL. ET HIST. − a) 1611 domaine phys. « agiter fortement en divers sens, secouer en caressant » (Cotgr.); 1622 (Caquets de l'accouch. dans Gdf. Compl.); 1640 domaine moral (Oudin, Curiositez fr., pour suppl. aux dictionnaires : balotter une personne, la tourmenter, l'envoyer de l'un à l'autre); b) 1660 « se renvoyer la balle » (Scarron dans Lar. Lang. fr. : Qui veut y ballotte à la paume). Il est probable que b est ant. à l'attest. de 1660 où ballotter serait dér. de ballotte étymol. 1 (cf. a. fr. peluter « jouer à la paume », fr. peloter* dep. ca 1780 « caresser amoureusement (une femme) »; a serait un emploi fig. de b; noter cependant l'ital. ballottare au sens « débattre, discuter » dep. av. 1556 (Della casa [1503-1556] 2-2-39 dans Batt.) et le fr. mod. renvoyer la balle à qqn (dans un débat).
STAT. − Cf. ballotter3.