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BAGASSE2, subst. fém.
Vulg., vx ou région. Prostituée :
1. − Jamais, monsieur Aymar, je ne me permettrai que le sang chrétien des Rochegude se mêle au sang impur d'une Bohémienne! d'une basse hérétique! d'une bagasse! ... P. Borel, Champavert,Dina, la belle juive, 1833, p. 145.
Juron provençal. Bougre de bagasse :
2. m. brun. − Dans le monde entier, mon cher Panisse, tout le monde croit que les Marseillais ont le casque et la barbe à deux pointes, et qu'ils se nourissent de bouillabaisse et d'aïoli, en disant « bagasse » toute la journée. Pagnol, Fanny,1932, I, 7, p. 24.
Rem. On rencontre également la forme bajasse (France 1907).
ÉTYMOL. ET HIST. − Av. 1581 bagasce « femme de mauvaise vie » (Tournebu, Les Contens, IV, 1 ds Hug. : Que l'homme est malheureux qui espouse de telles chiennes et bagasces!); ca 1584 bagasse (Brantôme, Des Dames, part. II, -IX, 30-, ibid.). Qualifié de ,,vieux`` dans les dict. dep. Fur. 1690. Empr. au prov. bagassa « id. », attesté dep. le xiies. (Statuts de Montpellier ds Rayn.), issu du gallo-rom. *bacassa (d'où aussi l'a.fr. baiasse « servante »), d'orig. pré-indo-européenne (Hubschmidt, fasc. 2, 1965, p. 160; J. Hubschmid, Z. rom. Philol., t. 66, p. 344; FEW, t. 23, p. 140).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 18.
BBG. − Lammens 1890, p. 38.