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BAC2, subst. masc.
NAVIGATION. Grand bateau plat, de forme généralement rectangulaire, mis en mouvement par la seule force du courant ou par un moyen propre de propulsion, et servant à passer des voyageurs, des marchandises, des animaux, des voitures, d'un bord à l'autre d'un cours d'eau, d'un lac, d'un estuaire, etc. Prendre passage sur un bac :
1. Il y avoit dans notre bac une vieille femme allemande, assise sur une charrette; elle ne vouloit pas même en descendre pour traverser le fleuve. Mmede Staël, De l'Allemagne,t. 1, 1810, p. 194.
2. Nous croisions, manquant de peu l'abordage, des bacs à aubes, des bateaux-citernes trop chargés à l'arrière et qui relèvent le nez, des ferries, si beaux à voir, le soir, avec leur étage de vitres illuminées comme des tramways aquatiques, des transbordeurs chargés de plusieurs wagons en équilibre, des barcasses bourrées d'ordures municipales. Morand, New-York,1930, p. 28.
Passer le bac. Passer la rivière, etc., sur un bac.
Loc., vx. Mener le bac. Diriger. Synon. mod. mener la barque.
Rem. 1. On nomme souvent le bac bac à traille; on parle aussi de bacs transbordeurs ou porte-trains. 2. Littré distingue le bac oblique : bac réuni obliquement à un câble tendu d'une rive à l'autre, de manière à traverser la rivière par l'action même du courant.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Ca 1170 « bateau plat » (B. de Ste Maure, Ducs Normandie, éd. Fahlin, 29817-20 : N'est pas emprise l'ovre a gas : Nés, santinnes, buces e bas Orent ad si tres granz plentez C'umques ne furent sol nombrez); 1174-87 bac (Chr. de Troyes, Perceval, éd. Hilka, Halle, 1932, vers 3023); 2. 1406, 15 mai « évier » (Poitiers, A.N. X1e91e, no311 ds Vox rom., t. 6, p. 259 : En ycelui mur le dit Jehan Bover avoit fait construire et bastir un bac, ayver ou seillier, pour geter ayres, viscosités et ordures), attest. isolée; a) 1468 « bassin » (O. de La Marche, Mémoires, 3eéd. [1616], p. 526); 1612, 8 mars « cuve en pierre pour recevoir l'eau de pluie » (Reg. journ. des prév. et jurés, 1562-1617, A. Tournai ds Gdf. Compl. : Item se livrera par l'entrepreneur tous plombs entablé pour couvrir lesdites nogues, avecq bacq et buzes pour conduire les eauves en la citerne); b) 1752 (Trév. : Bac. Espéce de vaisseau, ou grand bacquet de bois, dont les Brasseurs de bierre se servent pour y préparer les grains, le houblon, & les autres drogues qu'il faut faire germer, macérer & fermenter, avant que de les mettre cuire à la chaudiére); d'où « récipient servant à divers usages », à partir de l'Encyclop., t. 2, 1751. Du lat. vulg. *baccu « récipient » que l'on peut déduire du lat. vulg. bacar (expliqué fin viiies. par Paul Diacre, Epitoma Festi, p. 31 ds TLL s.v., 1658, 81 : vas vinarium simile bacrioni), bacarium (viii-ixes., Glossae affatim ds CGL t. 4, p. 488, 11 : Becario : urceoli genus; ixes., ibid. t. 4, p. 590, 7 : Baccarium : vas aquarium); à rapprocher aussi du lat. vulg. *baccinus, b.lat. bacchinon, v. bassin (Ern.-Meillet s.v. *bacar et baccinon). Baccus, attesté en lat. médiév. au sens de « bateau » en 1077 (Vernier, Ch. de Jumièges, I, p. 84, no30 ds Nierm.; [les bacs du moyen âge semblent avoir été plus creux que les modernes; cf. Chr. de Troyes, Op. cit., var. des v. 8368 : si entrent en un bac]), en 1274 au sens de « récipient » (Chart. Hans., I, p. 732, p. 256, 37 ds Mittellat. W. s.v., 1305, 51), serait peut-être d'orig. celt. (FEW t. 1, p. 198b; Sofer, Lateinisches und Romanisches aus den Etymologiae des Isidorus von Sevilla, 1930, p. 165, note 1). L'intermédiaire du néerl. bak (EWFS2) pour les sens 1 et 2 ne convient pas, étant donné la plus grande ancienneté du mot fr. (Valkh., p. 51). Seul le sens 2 b peut avoir été directement influencé par le néerl. Il est probable, au contraire que, de même que le b.all. back « plat » et l'angl. mod. back « récipient » et bac « bateau », le néerl. est aux deux sens de « récipient » et de « bateau » empr. au fr. (Valkh. loc. cit.; De Vries Nederl., s.v. bac; Kluge20s.v. Back; NED, s.v. Bac et back subst. 2); v. aussi bachot.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Baudr. Pêches 1827. − Blanche 1857. − Bouillet 1859. − Dainv. 1964. − Esn. 1966. − George 1970. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 51. − Gruss 1952. − Jal 1848. − Kemna 1901, pp. 147-148. − Lar. comm. 1930. − Le Clère 1960. − Privat-Foc. 1870. − Réau-Rond. 1951. − Soé-Dup. 1906. − St-Edme t. 2 1825.