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AUBETTE2, AUBÈTE, subst. fém.
A.− Anc. Guérite élevée, poste d'observation.
Rem. Attesté ds Besch. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.
B.− HIST. MILIT.
1. Bureau où les sous-officiers d'une garnison allaient à l'ordre.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. du xixeet xxesiècle.
2. ,,Guichet de renseignements à l'entrée d'un établissement de la Marine Nationale (arsenal, ministère, etc.)`` (Gruss 1952).
Rem. Attesté également ds Quillet 1965.
C.− P. ext., région. (Ouest de la France et surtout Belgique)
1. Kiosque à journaux.
2. Abri servant de lieu d'attente d'un véhicule de transport en commun (autobus, tramway, etc.).
Rem. Attesté ds Rob. Suppl. 1970.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. − Seule transcr. ds Littré : ô-bè-t'. 2. Forme graph. − Lar. encyclop. écrit aubette, Quillet 1965 aubette ou aubète (cf. aussi Lar. 19e, Littré et Guérin 1892). Besch. 1845 donne uniquement aubète.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1475-1506 cont. milit. Flandre hobette « cabane » (J. Molinet, Chroniques, ch. 241 cité par Dupire, Jean Molinet, la vie, les œuvres, Paris, 1932, p. 228 : qui souffloit le feu en la hobette); 1475 Flandre aubette « id. » (Arch. Nord, B 1698, fo3 vods IGLF Litt. : Par plusieurs fois elle l'estoit venu veoir en la petite aubette ou il escripvoit) − 1601 (Simon Goulart, Mémoires de la ligue, cité par Cohen ds Mélanges Thomas, p. 111 d'apr. A. Goosse ds Fr. mod., t. 21, pp. 221-222); repris dep. 1808 milit. (Boiste : Aubète ... espèce de corps-de-garde des bas-officiers); empl. dans la 2emoitié du xixes. en fr. de Belgique au sens de « abri servant de lieu d'attente pour un véhicule de transport en commun » et de « kiosque à journaux » v. M. Piron, Pour une contribution du français régional de Belgique au français universel ds B. de l'Académie royale de lang. et de litt. fr., t. 46, 1968, pp. 43-46, qui souligne l'intérêt qu'aurait le fr. universel à substituer ce mot à ceux de kiosque à journaux et de abri, refuge, cabane, etc. Dér. du m. fr. hobe « cabane, maisonnette » (1422 ds Gdf.), lui-même empr. au m. h. all. hûbe « coiffe, casque » (Lexer); l'évolution de sens vers « cabane » peut se concevoir d'apr. l'all. mod. Haube « bonnet » mais aussi « extrémité d'une chose, entre autres d'une construction : partie supérieure du bâtiment d'un moulin [dans un moulin à vent hollandais], partie supérieure d'une meule charbonnière » (Trubner, s.v. Haube); cf. aussi le néerl. mod. huif « ruche d'abeilles » ds Kluge20. L'all. et ses corresp. germ. (a. sax. hūva, m. b. all., m. néerl. hūve, ags. hūfe, a. nord. hufa « bonnet ») sont issus du germ. *hūbon (Kluge20) à rattacher lui-même à la racine i.-e. *keu-bh- « voûte » (IEW t. 1, pp. 590-591). À rapprocher de l'a.fr. huve « coiffure » (ca 1230 Eustache le Moine ds Gdf.) empr. à l'a.b.frq. *hûba « coiffe », appartenant à la même famille germanique.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Cohen (G.). Parler belge : aubette. In : [Mél. Thomas (A.)]. Paris, 1927, pp. 109-120. − Gruss 1952. − Le Clère 1960. − Pohl (J.). La Maison ds les fr. marginaux. Vie Lang. 1969, p. 86, 149.