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ASSIMILER, verbe trans.
I.− Assimiler + compl. obj.Rendre semblable ou identique à soi, en incorporant à sa propre substance une substance étrangère qui par là même est réduite à néant.
A.− [Le compl. désigne un inanimé concr. ou abstr.]
1. PHYSIOL. [Le suj. désigne un organe, une plante] Transformer en sa propre substance les éléments vivants d'un type déterminé :
1. Si les plantes peuvent s'assimiler les éléments de l'air, ce sont celles qui vivent dans l'air ou dans l'eau. C. Bernard, Cahier de notes,1860, p. 94.
2. ... les agronomes allemands Hellriegel et Wilfarth mettent en évidence, par une série d'expériences impeccables, le fait que les légumineuses ont la capacité de croître dans un milieu dépourvu d'azote combiné, en assimilant l'azote libre de l'air et cela grâce aux nodosités que portent leurs racines. Hist. gén. des sc.,t. 3, vol. 1,1961, p. 466.
Rem. Emploi abs. du verbe chez Claudel (La Jeune fille Violaine, 2eversion, 1901, p. 578). ,,Le cœur n'est point semblable à l'estomac qui reçoit, qui retient, qui digère et qui assimile.``
2. P. anal., domaine intellectuel. Faire sien ce qui est l'objet de la connaissance, l'intégrer dans ce qu'on a déjà acquis :
3. ... comme un outil est une sorte d'organe ajouté à nos organes, l'action est une extension du vouloir hors de nous. Elle sort, mais c'est pour faire entrer en elle et s'assimiler cela même où elle semble s'aliéner. M. Blondel, L'Action,1893, p. 216.
4. « ... la raison s'assouplit, s'élargit, et réussit de la sorte à s'assimiler des éléments de l'être qui d'abord la scandalisaient. Elle s'assimile le non-être avec Platon, la liaison synthétique avec Descartes... l'évolution avec Hegel... » Nizan, Les Chiens de garde,1932, p. 38.
5. Loin que la philosophie enveloppe et assimile sous l'espèce de la notion du beau tout le domaine de la sensibilité créatrice et se rende mère et maîtresse de l'esthétique, il arrive qu'elle en procède, ... Valéry, Variété 3,1936, p. 154.
Rem. Se rencontre en emploi abs. dans ce sens (cf. Dub., Caput 1969, Lar. Lang. fr.).
B.− [Le compl. désigne une pers.] Transformer un être et ce qu'il représente de manière à l'intégrer dans un système de pensée, un groupe, etc. :
6. Il est donc vrai de dire que l'amour est la semence commune de la justice et du péché. Comment raconter tous les fruits bons, ou mauvais, qu'il portera : la jalousie, le soin de la conservation de l'objet aimé, le zèle de sa gloire, enfin l'union avec lui, l'union qui assimile deux êtres entre eux et les confond en un? Ozanam, Essai sur la philos. de Dante,1838, p. 143.
7. Il [Nietzsche] mésentend résolument le Christ; mais, de ce malentendu, sur lequel il va prendre élan, l'Église est, plus encore que lui, responsable; en annexant, en cherchant (en vain du reste) à assimiler le Christ, au lieu de s'assimiler à lui, elle l'estropie davantage − et c'est ce Christ estropié que Nietzsche combat. Gide, Journal,1937, p. 1282.
Spéc., SOCIOL. [En parlant d'étrangers] Transformer les mentalités et le comportement en vue d'une intégration harmonieuse dans le groupe social d'accueil ou l'état de civilisation (cf. assimilable et assimilation) :
8. Dans ce problème si complexe de la situation des étrangers en France, il y a deux idées qu'il s'agit de réaliser : défendre nos nationaux contre l'invasion étrangère et assimiler les étrangers vivant sur notre sol. Barrès, Mes cahiers,t. 10,1913, p. 144.
9. Ce n'était pourtant pas ce qui les distinguait des autres barbares que Rome avait entrepris d'attirer, d'assimiler et d'utiliser contre les Allemands d'Outre-Rhin. Bainville, Histoire de France,t. 1,1924, p. 18.
C.− Emploi pronom. à valeur passive. Être assimilé. Aliments qui s'assimilent plus ou moins facilement (cf. Rob.).
II.− Assimiler à.
A.− Assimiler qqc. à soi.PHYSIOL. [Le suj. désigne un corps ou un organe du corps] Incorporer à sa propre substance :
10. C'est donc quelque chose que la vie; c'est elle qui fait aussi que tant qu'un corps en est doué, il a la force d'assimiler à sa substance les corps avec lesquels il est en contact d'une manière convenable, tandis que dès qu'il est mort, ce sont tous les élémens qui le composent qui se dissolvent, se séparent, et vont former de nouveaux mixtes avec les êtres environnans, suivant de nouvelles lois d'affinités. Destutt de Tracy, Éléments d'idéologie,Idéologie,1801, p. 249.
B.− Assimiler qqc. ou qqn à qqc. ou qqn.
1. Considérer ou déclarer semblable par un jugement, un acte de volonté; donner un statut identique :
11. ... quand M. Necker proposa d'assimiler par les assemblées provinciales les pays appelés d'élection aux pays d'états, c'est-à-dire de donner aux anciennes provinces les priviléges qui n'étaient possédés que par celles dont la réunion à la France était plus récente, il y avait à Paris un parlement qui pouvait refuser d'enregistrer les édits bursaux, ou toute autre loi émanée directement du trône. Mmede Staël, Considérations sur les princ. événements de la Révolution fr.,t. 2,1817, p. 420.
12. Ce ne serait donc pas punir le clergé que le priver des traitements qui assimilent les prêtres aux fonctionnaires publics. Vigny, Le Journal d'un poète,1843, p. 1211.
13. Les ouvriers mineurs, payés à la tâche, ont toujours bénéficié de salaires les assimilant aux meilleurs professionnels des autres industries; ... E. Schneider, Le Charbon,1945, p. 264.
2. Comparer et aboutir à une identification totale ou partielle, mettant l'accent sur les ressemblances sans supprimer les différences.
a) [Le compl. désigne une pers. ou une entité personnifiée] :
14. Les clichés du patriotisme professionnel sont difficiles à citer dans une étude où l'on ne veut ni indigner, ni faire rire. Un des plus bénins est celui-ci : « Depuis nos malheurs, » phrase doucereuse où on assimile la France à une vieille dame à cabas « qui a connu de meilleurs jours ». Gourmont, Esthétique de la lang. fr.,1899, p. 312.
b) [Le compl. désigne un inanimé abstr. (œuvre de l'esprit, état de civilisation, etc.)] :
15. On pourrait croire qu'en rappelant l'activité intellectuelle à l'érudition on constate par là même son épuisement, et qu'on assimile notre siècle à ces époques où la littérature ne pouvant plus rien produire d'original devient critique et rétrospective. Renan, L'Avenir de la sc.,1890, p. 138.
16. ... l'inconscient et les mécanismes inconscients ne sont pas directement des « objets », des « choses », mais les automatismes affectifs les assimilent autant qu'il est possible aux choses physiques dont ils simulent le déterminisme. Ricœur, Philos. de la volonté,1949, p. 373.
C.− Emploi pronom. S'assimiler à.S'identifier à, par un acte de volonté ou de jugement :
17. « Nous estimons donc que le même orgueil, qui porta les mauvais anges à s'assimiler au Très-Haut, a pu seul inspirer dans l'église romaine la croyance impie de l'infaillibilité du Pape, ou même des évêques rassemblés en concile général. » Lamennais, L'Avenir,1831, p. 289.
18. Le secret des contradictions des hommes du jour est dans la privation du sens moral, dans l'absence d'un principe fixe et dans le culte de la force : quiconque succombe est coupable et sans mérite, du moins sans ce mérite qui s'assimile aux événements. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 4,1848, p. 524.
PRONONC. : [asimile], j'assimile [ʒasimil]. Harrap's 1963 donne également la possibilité d'une prononc. avec [ss] géminées : as/s/-. Enq. : /asimil/ (il) assimile.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. a) 1495 trans. assimiler à « rendre semblable à » (Jeh. de Vignay, Miroir historial, IX, 33, éd. 1531 ds R. Hist. litt. Fr., t. 2, p. 264 : Par le sacrement de Eucharistie est souverainement assimilee l'église militante a la triumphante) d'où b) 1611 le compl. désigne une chose « comparer et considérer comme semblable » (Cotgr.); c) 1798 pronom. s'assimiler à le compl. désigne une pers. (Ac. : S'assimiler à quelqu'un, Se comparer à quelqu'un, s'estimer son égal. Je ne m'assimile point à ce grand homme); 2. a) ca 1580 trans. physiol. « intégrer et transformer en sa propre substance » (A. Paré, Introduction, VIII ds Gdf. : Il faut qu'il soit assimilé et fait du tout semblable [à la partie]); b) fin xviiies. s'assimiler qqc. « id. » (Buffon, Animaux reprod. ds Rob. : Les êtres qui ont la puissance de convertir la matière en leur propre substance et de s'assimiler les parties des autres êtres, sont les plus grands destructeurs); c) ca 1790 id. au fig. s'assimiler qqc. « intégrer, s'approprier (une idée, des connaissances) » (Marmontel ds Lar. 19e: Elle altère tout ce qu'elle emprunte en voulant se l'assimiler); 1907 trans. (R. Rolland, La Révolte, chap. 1, p. 404 : qu'une vérité médiocre, qu'ils sont capables d'assimiler); 3. a) 1817 trans. « intégrer (un peuple ou un pays à un autre) », supra ex. 2; b) 1828 s'assimiler « id. » (F. Guizot, Civilisation-Europe, Leçon 10, Cours Hist. mod., p. 6 : L'esprit de corps faisait ensuite un grand travail pour s'assimiler ces éléments étrangers); c) 1864 id. s'assimiler à « s'intégrer à, se fondre dans (un peuple, un pays) » (Fustel de Coulanges, Cité Antiq., p. 506 : les degrés par lesquelles elles devaient s'approcher insensiblement de Rome pour s'assimiler enfin à elle). Empr. au lat. assimulare, assimilare (formes dér. respectivement de simulare − lui-même dénominatif de similis − et de similis; la forme en -i-, rare en lat. class., domine en b. lat., spécialement en lat. chrét.) attesté dep. Plaute au sens de « simuler, feindre » (Poen. 1106 ds TLL s.v., 896, 10) et au sens de « reproduire en imitant » (Men. 146, ibid., 896, 60), attesté plus spéc. aux sens 1 b (Tacite, Agr., 10, ibid., 896, 65); 1 c (Gaius, Inst., 1, 22, ibid., 897, 32); 1 a lat. chrét. (Vulg., Job., 30, 19, ibid., 897, 51); 2 a (Albert Le Grand, Veget., 1, 104 ds Mittellat. W. s.v., 1078, 5).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 518. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 348, b) 436; xxes. : a) 982, b) 1 080.
BBG. − Battro 1966. − Foulq.-St-Jean 1962. − Fromh.*-King. 1968. − Noël 1968.