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APOSTROPHE2, subst. fém.
Signe graphique ou principe légèrement recourbé (') marquant l'élision d'une voyelle finale à la rencontre d'une autre voyelle ou d'un h muet :
1. ... cela faisait bien. Elle mettait à son nom un petit d, une apostrophe, un grand A, et l'écrivait d'Avarande. E. et J. de Goncourt, Renée Mauperin,1864, p. 173.
2. Il savait déchiffrer [le boy égyptien] de fines lignes tourmentées, bardées de points et d'apostrophes dans des livres qu'il ouvrait à l'envers. M. Butor, Passage de Milan,1954, p. 141.
P. compar. :
3. [À Henri Bachelin :] Je viens de passer deux jours à Lormes. J'ai pu me promener dans les rues de votre ville à neuf heures du soir. Ça ne sent pas bon, mais la nouvelle lune est une jolie apostrophe au clocher. Renard, Corresp.,1883-1910, p. 345.
4. Le pauvre Barque, − face anémique d'enfant des faubourgs que souligne un bouc de poils roux, et que ponctue, comme une apostrophe, sa mèche de cheveux, − baisse la tête : ... Barbusse, Le Feu,1916, p. 33.
Rem. 1. Ce mot apparaît sous la même entrée que le précédent ds la plupart des dict., à l'exception de DG, Ac. t. 1 1932, Rob., Quillet 1965. 2. Gramm. t. 1 1789 le considère comme subst. masc. Cf. aussi Littré qui rappelle qu'en gr. le mot est féminin.
PRONONC. : [apɔstʀ ɔf].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1514 (Guill. Michel, Eglog. de Virgile, 4 ro, édit. 1540 ds R. Hist. litt. Fr., t. 5, p. 117 : Apostrophe, figure de grammaire). Empr. au lat. apostrophus, subst. fém. (parfois masc. à cause de la termin.), terme de gramm., Diomède, Gramm., 1, 435, 16 ds TLL s.v., 254, 76; le lat. est empr. au gr. α ̓ π ο ́ σ τ ρ ο φ ο ς (η ̔), « signe tourné, recourbé », Dracon de Stratonice, (grammairien du début iies.), 157, 23 ds Bailly.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 197.
BBG. − Comte-Pern. 1963. − Dagn. 1965. − Gramm. t. 1 1789. − Laurent (P.). Contribution à l'histoire du lexique français. Romania. 1925, t. 51, p. 34. − Mar. Lex. 1933. − Mar. Lex. 1961 [1951].