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APEURÉ, ÉE, part. passé et adj.
I.− Part. passé de apeurer*. Apeuré par un soupçon, apeuré de rien, se sentir apeuré par quelque chose, devant quelque chose :
1. ... renard n'ignore pas que, les soirs de pleine lune et de grand vent, les lièvres craintifs, trompés par la clarté lunaire et apeurés du bruit des branches, ne quittent leur gîte que fort tard dans la nuit; ... Pergaud, De Goupil à Margot,1910, p. 8.
II.− Emploi adj. Qui manifeste de la crainte.
A.− [En parlant d'animaux, de leurs gestes] Cheval apeuré.
SYNT. Lièvre, oiseau apeuré; fouine apeurée, volailles apeurées; course apeurée; regard de bête apeurée.
B.− [En parlant de pers., de leurs attitudes, de leurs gestes] Geste, air apeuré :
2. Un frisson me saisit soudain, non pas un frisson de froid, mais un étrange frisson d'angoisse. Je hâtai le pas, inquiet d'être seul dans ce bois, apeuré sans raison, stupidement, par la profonde solitude. Tout à coup, il me sembla que j'étais suivi, qu'on marchait sur mes talons, tout près, à me toucher. Je me retournai brusquement. J'étais seul. Je ne vis derrière moi que la droite et large allée, vide, haute, redoutablement vide; et de l'autre côté elle s'étendait aussi à perte de vue, toute pareille, effrayante. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Le Horla, 1886, p. 1100.
3. ... la tête dans les épaules, comme des oiseaux de nuit, apeurés et chagrins, affolés par le son de leur propre voix, tremblants comme un gibier pris au piège. Gracq, Le Rivage des Syrtes,1951, p. 168.
SYNT. Expression, sourire, regards, yeux, voix apeurés; êtres, gens, peuples, foules, civils, hommes apeurés; s'enfuir apeuré.
Rem. Nouv. Lar. ill. donne le synon. épeuré (cf. aussi Pt Lar. 1906). Dans le cont., apeuré suggère aussi un état intense de frayeur générale, de panique (ex. 3).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 79.