ANAGRAMME
substantif féminin1. ... à la même époque, Nicolas de Montreux, autrement dit par anagramme Ollenix du Mont-Sacré... (, Tableau hist. et crit. de la poésie française et du théâtre français au XVI e siècle, 1828, p. 242)
— P. ext. Le résultat de cette opération :
2. Grâce à des charades, énigmes, anagrammes, logogriphes et autres jeux de construction ou de divination, nous étions, en dépit des fortes boues, arrivés aux tranchées avant de nous en être aperçus. (, Journal intime, 18 janv. 1866, pp. 74-75)
3. Les anagrammes remontent à la plus haute antiquité. Leur origine ésotérique ne fait aucun doute : les anagrammes cabalistiques se retrouvent dans certains rites des Mystères antiques et des initiations modernes. Toutefois, l'anagramme fut désacralisé déjà par les poètes grecs, par Lycophron notamment. Jean Daurat, qui joua un rôle si important dans la création de la Pléiade, fut un des premiers à la remettre en faveur. La mode des anagrammes subsistait encore au xviie siècle. On connaît celui que François Rabelais forma sur son nom (Alcofribas Nasier), et que Calvin (Calvinus) fit sur le sien (Alcuinus). (Alleau, 1964)
Prononciation
[anagʀam]. Enq. : /anagʀam/.
Étymologie et histoire
1571 « mot (ou phrase) formé par la transposition des lettres d'un autre mot (ou phrase) » (Belleau ds Amours de Ronsard, 342 ds Rom. Forsch., t. 32, p. 9 : Il [Ronsard] se joue sur l'anagramme [1560. 1567 : anagrammatisme] du nom de Marie). Empr. à un gr. *ἀνάγραμμα que l'on peut déduire du gr. ἀναγραμματισμός, iie s. « anagramme » d'où dès 1549 anagrammatisme « id. » (Du Bellay, Deffence, II, 8 ds Hug.).
Statistiques
Fréq. abs. litt. : 20.
Bibliographie
Alleau 1964. — Bach.-Dez. 1882. — Bénac Dissert. 1949. — Bouillet 1859. — Colin 1971. — Dauzat Ling. fr. 1946, p. 44. — DLF. 16e. — Fér. 1768. — Gall. 1955, p. 314, 502. — Hanse 1949. — Lav. Diffic. 1846. — Prév. 1755. — Thomas 1956.