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ALTÉRER2, verbe trans.
[Le suj. du verbe est un inanimé, l'obj. désigne une pers. ou un animal] Donner soif :
1. Morrel avait trente et un ans, Barrois en avait soixante; Morrel était ivre d'amour, Barrois était altéré par la grande chaleur. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 296.
2. La chaleur et la poussière m'ont fort altéré. Ac. t. 11932.
Emploi abs. :
3. ... non, ce n'est pas assez, qu'on remplisse ma coupe d'épices dévorantes, qu'on y verse le poivre qui altère, le girofle qui fait aimer, le gingembre qui ronge les entrailles, la cannelle qui précipite la circulation du sang. Allons, page effronté, prépare-moi ce mélange détestable pour qu'il me brûle la langue et m'exalte le cerveau. G. Sand, Lélia,1833, p. 251.
Par métaph. :
4. Baldassare ne distinguait pas les gens debout sur le pont [du trois-mâts] qui levaient leurs mouchoirs, mais il devinait la soif d'inconnu qui altérait leurs yeux... M. Proust, Les Plaisirs et les Jours,1896, p. 46.
Étymol. ET HIST. − xves. pronom. « s'exciter (la soif?) » (Basselin, I ds Littré : Mais qui s'altere en trop chantant Peut bien trois fois ou quatre, Sans vergongne, boire d'autant); 1545 id. « avoir soif » (J. Bouchet, Ep. mor., XIV ds Gdf. Compl. : Tant plus on boit et plus fort on s'altere). Issu par filiation sém. assez obsc. du sens « troubler, exciter, affecter » de altérer1étymol. 2, fréq. aux xvie-xviies.; à rapprocher du fr. altératif « qui donne soif (en parlant de médicament) » (1532, Rabelais, Pantagruel, 28, éd. Marty-Laveaux, t. 1, p. 352 : drogues... alteratiues), du lat. médiév. alterativus, xiies., altératif*, empl. en pharmacopée.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 1 024. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 2 730, b) 1 174; xxes. : a) 763, b) 935.
BBG. − Bél. 1957. − Bénac 1956. − Dup. 1961.