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ADMONESTÉ, ÉE, ADMONÉTÉ, ÉE, part. passé, adj. et subst. masc.
I.− Part. passé de admonester*.
II.− Adjectif
A.− En gén. Qui est l'objet d'un avertissement solennel, d'un jugement sévère, d'un blâme :
1. Ces reproches, distribués çà et là, devant le front de la compagnie, excitaient des rires universels, et j'étais bien convaincu que les voltigeurs ainsi admonestés se surveilleraient davantage à l'avenir. En revanche, quand je passais devant un sujet plus soigneux et mieux brossé que les autres, je ne manquais pas de l'encourager... L. Reybaud, Jérôme Paturot,1842, p. 174.
B.− Spéc., DR. Qui est l'objet d'une remontrance, d'un blâme à huis clos, avec menace de sanction en cas de récidive :
2. (...) Lorsque l'archevêque-cardinal-ministre de Brienne eut adhéré à la constitution civile du clergé, en 1790, ce prélat se vit admonété par le pape Pie VI. La peine de l'admonition, consacrée par l'ordonnance de 1670, a été abolie en France par l'art. 35 du titre 1erde la 1repartie du Code pénal, décrété le 25 septembre 1791. Napoléon la reproduisit, sous le nom d'avertissemens... St-Edmet. 11824.
III.− Subst. masc., DR.
A.− Action d'admonester, fait d'être admonesté (cf. admonester B) − L'admonété n'emportait point d'interdiction (cf. Ac. 1798-1835; Littré).
B.− Plus rarement. Celui que l'on admoneste (cf. admonester B et admonition ex. 6).
Rem. Synon. fréq. : averti, instruit, prévenu, réprimandé, repris.
Stylistique − Admonesté est attesté surtout au xixes. Comme part. passé ou adj., il est empl. surtout dans un domaine gén. avec des valeurs semblables à celles du verbe dans le même emploi, plus rarement dans le domaine techn. du dr. Comme subst., il est noté comme vieilli ds les dict. du xxes. et n'apparaît pas en dehors de la docum. lexicogr. Il est présenté comme un terme du passé ds le Dict. des institutions de la France aux XVIIeet XVIIIes. (Paris, Picard, 1968 [1923]) de M. Marion, qui le définit : ,,seule peine qui ne fût pas infâmante (...), simple comparution devant le juge qui admonestait d'être plus circonspect à l'avenir``.Orth. − Pendant la 1remoitié du xixes., les dict. attestent 2 possibilités graph. (admonété, admonesté) avec prédominance de la forme en -é-, notamment dans un cont. jur. Besch. 1845 note : ,,Dans le langage usuel on dit plutôt admonesté``. La forme en -es- prévaut dans les textes du xixeet du xxes. et reste seule en usage.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 6.