| ACCUSÉ2, ÉE, part. passé, adj. et subst. I.− Part. passé du verbe accuser2*. II.− Emploi adj. Accentué, mis en évidence : 1. Le passage subit d'une tristesse qui lui arrachait de sinistres prédictions sur lui-même, à cette joie d'homme ivre, à ce rire fou et presque sans raison, m'inquiéta, me glaça. Je ne l'avais jamais vu dans un accès si franchement accusé.
H. de Balzac, Le Lys dans la vallée,1836, p. 79. 2. Parmi des types fortement accusés peuvent se rencontrer et se rencontrent des formes intermédiaires, indécises, ébauches imparfaites ou modèles moins parfaits, qui témoignent à leur manière de la fécondité inépuisable de la nature et de ses ressources infinies, ...
A. Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, pp. 275-276. 3. Je le [Le prince Napoléon] trouve changé, vieilli, mais peut-être avec une beauté napoléonienne plus accusée, plus finement ciselée.
E. et J. de Goncourt, Journal,avr. 1877, p. 1183. 4. Il n'avait plus que le temps de courir à la gare, et une immense aversion pour le voyage, un impérieux besoin de rester tranquille s'imposaient avec une volonté de plus en plus accusée, de plus en plus tenace.
J.-K. Huysmans, À rebours,1884, pp. 183-184. 5. ... il avait dans les gestes une aisance heureuse, et sur son visage fin aux traits accusés, un sourire affectueux et naturel qu'André ne lui connaissait pas.
R. Martin du Gard, Devenir,1909, p. 164. 6. Chez l'artiste où sonne l'accent le plus accusé de l'époque, chez celui qui marque et qui dure, l'expression est comme une corde tendue entre les deux extrémités d'un arc.
É. Faure, L'Esprit des formes,1927, p. 104. III.− Emploi subst., ADMIN. Accusé de réception (qqf. remplacé par avis de réception). Pièce par laquelle le destinataire d'un envoi reconnaît qu'il l'a reçu : 7. Je respecte vos occupations et le prix de votre temps; aussi n'ai-je demandé que le simple accusé de réception, et pour la régularité des choses; je ne pense pas que vous puissiez avoir aucune raison pour me le refuser.
E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 2, 1823, p. 445. 8. Augustin avait gardé dans sa main le courrier. Il rejoignit sa chambre. C'était un nouveau paquet d'épreuves à corriger, l'accusé de réception d'épreuves précédentes, des journaux, deux lettres d'universités étrangères, ...
J. Malègue, Augustin ou le Maître est là,t. 2, 1933, p. 225. 9. Edmond reçut ce matin-là une nouvelle lettre de Sérianne. La famille s'inquiétait. Pas tellement d'Armand. Mais on n'avait pas reçu d'accusé de réception de l'argent.
L. Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 381. Prononc. − Enq. : /akyze1/. Étymol. ET HIST. − xiiies. terme jur. « personne à qui on impute un délit » (Charte communale d'Amiens ds Giry, Textes enseign. hist. 30, ds R. Hist. litt. Fr. 1, 487 : En toutes causes li acusez et li acuseres et li tesmoing parleront par avocat, s'ils velent); xiiies. « id. » id. (Cout. d'Artois, éd. Tardif, 109, ibid. : La justice fait venir l'accusé et li dist); xives. « id. » id. (Chron. de Flandre II, 606, ibid. : Il ajourna tous les accusés que il venissent pour faire l'amende).
Part. passé substantivé de accuser* au sens I 1 terme jur.; localisation Picardie, Artois, Flandre, prob. fortuite; cf. lat. médiév. accusatus subst., synon. de reus, Capitul. regum Francor., 28, 6 ds Mittellat. W. s.v. accusatus subst. STAT. − Fréq. abs. litt. : 1 734. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 2 870, b) 2 214; xxes. : a) 3 555, b) 1 599. |
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