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AUBE2, subst. fém.
A.− ANTIQ. Robe de lin blanche, d'un usage fréquent parmi les personnes de haut rang (d'apr. Gay t. 1 1887).
B.− LITURG. Tunique blanche en toile de lin, serrée à la taille par un cordon, munie de manches étroites, que l'officiant (prêtre, diacre ou sous-diacre) porte par-dessus la soutane pour célébrer la messe ou dans quelques autres cérémonies :
1. Jamais il n'avait senti si profondément le désir d'être prêtre et de célébrer à son tour le saint sacrifice. Ayant baisé et plié soigneusement l'aube et la chasuble, il s'inclina devant M. l'abbé Lantaigne avant de se retirer. A. France, L'Orme du mail,1897, p. 20.
2. Durtal fut tiré de ses réflexions par un flux et reflux de moines dans le chœur. L'on habillait le père Abbé. Le cérémoniaire, debout, devant l'autel, enlevait les vêtements qui y étaient posés, l'aube, le cordon, l'étole, la chape et les distribuait à des novices qui, à la queue-leu-leu, les présentaient, après s'être agenouillés devant le trône, aux habilleurs. Huysmans, L'Oblat,t. 1, 1903, p. 258.
SYNT. S'affubler de l'aube; passer, vêtir, revêtir, enlever l'aube; religieux, prêtre en aube.
Longue tunique blanche que revêtent les premiers communiants.
[Dans l'Église primitive] Vêtement blanc que revêtaient les nouveaux baptisés, en signe de purification :
3. − Viens, mon âme! (...)! viens revêtir les aubes du baptême. A. France, Thaïs,1890, p. 101.
ÉTYMOL. ET HIST. − Ca 1040 liturg. albe « vêtement ecclésiastique » (Alexis, éd. G. Paris et L. Pannier, 117, b ds T.-L. : Clerc revestut en albes et en chapes); 1174 aube « id. » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Rhomas, éd. E. Walberg, 1614). Empr. au lat. chrét. alba « id. » (Grégoire de Tours, Historia Francorum, 4, 43 ds TLL s.v., 1509, 62), sens tiré de alba « robe blanche des Élus »; (Tertullien, Scorpiace, 12, ibid., 60) tiré p. ell. de alba vestis; Ovide, Amores, 3, 2, 41 ds TLL s.v., 1506, 12).
BBG. − Archéol. chrét. 1924. − Bach.-Dez. 1882. − Bouillet 1859. − Cost. 1899. − Gay t. 1 1967 [1887]. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 279. − Leloir 1961. − Lerch (E.). Der Einfluß des Christentums auf den französischen Wortschatz. Neuphilologische Monatsschrift. 1933, t. 4, pp. 65-80, 108-121. − Marcel 1938.