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VOUGE, subst. masc. ou fém.
I. − HIST. DE L'ARM. , au masc. Arme composée d'une large lame à un seul tranchant montée sur une hampe longue de quatre à six pieds. L'épée sied à un gentilhomme: voyez! le soleil dore sa cuirasse; haches, vouges, gants de fer, becs de faucons reluisent à son côté (Quinet, Ahasvérus, 1833, 3ejournée, p. 224).Les gens de pieds du XIIIeau XVIes. se servaient du vouge pour couper les jarrets des chevaux (GDEL).
II. − ARBORIC., au fém. Serpe à long manche servant à émonder les arbres. Une partie du toit pointu [d'une tourelle] manquait et, devant cette ouverture, se dressait une vouge, haute perche terminée par une serpe et qui sert à étêter les arbres (Lacretelle, Hts Ponts, t. 3, 1935, p. 183).
Rem. Masc. dans tous les dictionnaires.
Prononc.: [vu:ʒ]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1170 « sorte de serpe à long manche » (Guillaume de St-Pair, Mont Saint-Michel, éd. P. Redlich, 231: vooges besches et piscois Et cognies à trenchier bois); 2. 1375 Gironde bodge « sorte de hallebarde » (Arch. hist. Gironde, XII, p. 200 ds Gay); ca 1470 vouge (Georges Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, t. 3, p. 436); 3. 1538 « épieu de chasse » (Est. d'apr. FEW t. 14, p. 434a; le mot n'a pu y être trouvé); 1582 (E. de La Planche, tr. Tacite, l. III, 114 rods Hug.: voulges, espieux et autres bastons de chasse). Issu du b. lat. vidubium « faux » (relevé à l'époque carol. dans les Scholies de Juvenal [Sat., 3, 311], éd. Schopen, Bonn, 1847, p. 23: marrae bidubia vulgo dicuntur; également dans la gl. δ ι ́ κ ε λ λ α: viduvium, Excerpt. Stephan., 270, 1, voir H. Rönsch ds Rom. Forsch. t. 2, pp. 303-304), comp. d'orig. gaul., fait du subst. *vidu- « arbre, bois » [irl. fid « arbre »] et d'un subst. tiré du rad. *bi- « frapper »: propr. « ce qui frappe le bois », cf. irl. fidba glosé falcastrum, cymrique gwyddif « serpe », bret. gwif « fourche à deux branches », E. Ernault ds Mém. de la Sté de ling. de Paris t. 7, p. 234; v. aussi Dottin, p. 96. Se rattachent au même étymon, l'a. prov. vezoig « faux » (1130-48, Marcabru, Œuvres, éd. J. M. L. Dejeanne, XXX, 38), l'a. gasc. bezoi (1268-69, Gabarret [Landes], charte, éd. P. Meyer ds Romania t. 3, p. 439) et bezoch (xives., Gironde ds Levy Prov.); pour des ex. post. de ces différents types occit., voir Du Cange, s.v. besogium, ex. localisés par A. Thomas ds Romania t. 25, pp. 441-444. Bbg. Tobler Étymol. Z. rom. Philol. 1886, t. 10, p. 575.