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VILIPENDER, verbe trans.
Littér. Traiter avec beaucoup de mépris, dénigrer, déprécier (quelqu'un, quelque chose). Synon. attaquer, bafouer, décrier, discréditer, honnir, insulter, traîner dans la boue*; anton. encenser, louer, vanter.Vilipender une doctrine, un écrivain, un peintre. Sans un secret absolu (...) vous, messieurs, ainsi que moi, pauvre plébéien, nous nous verrions vilipendés dans l'Aurore (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 209).Un homme ne s'élève à la gloire que sur des monceaux d'injures, et (...), pour quiconque pense et agit, c'est mauvais signe que de n'être point vilipendé, insulté, menacé (A. France, Vie fleur, 1922, p. 491).
REM. 1.
Vilipendage, subst. masc.Action de vilipender (quelqu'un, quelque chose); résultat de cette action. La vente des Morticoles l'a un moment troublée,... mais bien vite, on lui a soufflé que c'était un succès à l'instar des succès de Drumont, dû seulement au vilipendage des gens (Goncourt, Journal, 1894, p. 701).
2.
Vilipendaison, subst. fém.Même sens. Il fallait bien le satisfaire [le peuple Juif], en accomplissant, par la vilipendaison à jamais d'un peuple entier, le pénal verset de ce Testament Nouveau, prophétique autant que l'Ancien (Bloy, Salut par Juifs, 1892, p. 95).
3.
Vilipendeur, -euse, adj.Qui vilipende (quelqu'un, quelque chose). Tous les virtuoses braillards et vilipendeurs du groupe social où se déversent perpétuellement, comme dans un puisard mitoyen, les relavures intellectuelles du bourgeois et les suffocantes immondices de l'ouvrier (Bloy, Femme pauvre, 1897, p. 9).
Prononc. et Orth.: [vilipɑ ̃de], (il) vilipende [-pɑ ̃:d]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1392 (A.N. K 54, pièce 20 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. médiév.vilipendere « dénigrer » 1090 ds Latham, part. prés. vilipendens att. dès 864 (Mon. Germ. Hist. Epistolae 6, index d'apr. FEW t. 14, p. 449a), comp. de vilis « vil » et pendere « peser, estimer ». Fréq. abs. littér.: 40.