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VERGER, subst. masc.
A. − Terrain de plus ou moins grande importance planté d'arbres fruitiers d'une ou de plusieurs variétés. Verger d'amandiers, d'oliviers; verger entouré de haies; la porte du verger; les arbres, les fruits, les poires, les pommes du verger; au bas, au fond du verger; le verger et le potager. Le grand pommier du verger est tout blanc de fleurs (Erckm.-Chatr., Conscrit 1813, 1864, p. 148).
Au sing. à valeur de coll. Ensemble des plantations d'arbres fruitiers d'une région, d'un pays. Le verger français. [Le] verger du Roussillon, devenu très gros producteur d'abricots (Industr. conserves, 1950, p. 15).
B. − P. méton., littér. Ensemble des arbres ou des fruits d'un verger. Verger en fleurs. L'automne a mûri les vergers (Chateaubr., Natchez, 1826, p. 150).
Prononc. et Orth.: [vε ʀ ʒe]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 11). Du lat. class. viridiarium « jardin de plaisance, bosquet » dér. de viridis « vert » (v. viride). Au Moy. Âge, terme usuel pour désigner à la fois le jardin d'agrément et le jardin planté d'arbres fruitiers. Jardin* que l'on rencontre surtout au xiies. dans les textes norm. et anglo-norm. se répand à partir de la 2emoit. xiiies., d'abord au détriment de ort (v. hortillon) issu du lat. class. hortus et désignant le jardin potager. Pour désigner le jardin de Deduit ds le Roman de la Rose, Guillaume de Lorris utilise de nombreuses fois vergier et très rarement jardin (uniquement à la rime) alors que son continuateur Jean de Meun emploie davantage jardin que vergier (une seule fois à la rime). Les deux formes resteront en concurrence jusqu'à la fin du xves., v. A. Zipfel, Die Bezeichnungen des Gartens im Galloromanischen, Leipzig, 1943, pp. 15-20; v. aussi A. Stefenelli, Der Synonymenreichtum der altfranzösischen Dichtersprache, pp. 38-42. Fréq. abs. littér.: 808. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 200, b) 1 270; xxes.: a) 1 145, b) 1 042.