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VÉNIEL, -ELLE, adj.
A. − THÉOL. CATH. Péché véniel (p. oppos. à péché mortel*). Péché qui ne fait pas perdre la grâce sanctifiante. Commettre, faire un péché véniel. Le péché véniel ne fait pas perdre l'absolution; un acte fervent de contrition en efface la souillure et permet d'approcher de la sainte table; mais si le péché est mortel, il faut ou s'abstenir, ou commettre un sacrilége (Sand, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 229).Les amateurs d'art et les collectionneurs existaient bien avant que l'Église eût rangé la curiosité au nombre des péchés véniels (Arts et litt., 1935, p. 84-15).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Ce qui peut être pardonné, ce qui n'est pas mortel. Sur l'irrémissible et sur le véniel Consulte Cassien, Scaliger, Torniel (Hugo, Dieu, 1885, p. 70).
B. − P. ext., littér. Qui a peu de gravité, qui n'est pas très gênant sur le plan psychologique, moral ou intellectuel. Synon. anodin, bénin, excusable, insignifiant, léger, pardonnable; anton. grave.Oubli, manquement, souci véniel; erreur vénielle. Elle remarque (...) dans les petites circonstances quotidiennes de la vie commune (...) des fautes vénielles contre l'usage qui dénoncent chez le pauvre grand artiste les lacunes trop naturelles de l'éducation première (Feuillet, Honn. d'artiste, 1890, pp. 199-200).Aussi loin qu'on se reporte dans l'histoire (...) tout nous démontre qu'un larcin véniel, et surtout d'aliments mesquins, tels que croûtes, jambon ou fromage, attire sur son auteur, immanquablement, l'opprobre formelle, les reniements catégoriques de la communauté (Céline, Voyage, 1932, p. 85).
REM.
Véniellement, adv.,théol. cath., peu usuel. Pécher véniellement. ,,Faire une faute légère et qui se dit par opposition à Pécher mortellement`` (Ac. 1835, 1878).
Prononc. et Orth.: [venjεl]. Ac. 1694, 1718: veniel; dep. 1740: véniel. Étymol. et Hist. a) xiiies. théol. (Antéchrist, éd. E. Walberg, A, 574: en autres peciez cornaus, En mortaus o en venïaus); fin xives. pechié veniel (Eustache Deschamps, Miroir de mariage, 9709, éd. G. Raynaud, t. 9, p. 313); b) 1697 fautes venielles (Fénelon, Explications maximes des Saints, p. 105). Empr. au lat. eccl.venialis « pardonnable » (dér. de venia « bienveillance, grâce » et en partic. en lat. eccl. « pardon des péchés »). Fréq. abs. littér.: 67.