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VAURIEN1, -IENNE, subst.
A. − Vieilli. Personne peu recommandable, sans scrupules ni moralité. Synon. brigand, gredin.C'est un homme perdu de dettes, un vaurien sans honneur, un misérable qui n'a plus même le respect du nom qu'il porte (Ponson du Terr., Rocambole, t. 4, 1859, p. 94).
Empl. adj., vx, littér. Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes, Produits avariés, nés d'un siècle vaurien, Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes, Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien (Baudel., Fl. du mal, 1857, p. 34).
B. − Fam., parfois à valeur hypocor. Enfant, adolescent(e) effronté(e). Synon. chenapan, coquin, galopin, garnement, polisson.Petit, grand, sale vaurien; une bande de petits vauriens. L'enfant a disparu pour faire place au gamin (...). À ce vaurien charmant que l'on enferme dans sa chambre et que, cinq minutes après, l'on retrouve en haut d'un cerisier (Labiche, Prem. pas, 1862, 1, p. 246).Ce soir, en montant l'escalier, j'ai eu la douleur d'entendre la triste Mme Baratti s'écrier: « Je voudrais bien savoir quel est le vaurien qui me déplace ma bouteille de lait tous les matins et qui s'amuse peut-être bien à cracher dedans, (...) » (Duhamel, Journal Salav., 1927, p. 41).
[Fréq. en appellatif] Dis donc, Marthe, ma petite gigolette, que devient ce plumitif qui t'adore? L'aimes-tu toujours, vaurienne? Eh! voyons, ne fais pas ta tête, tu vois bien que je blague (Huysmans, Marthe, 1876, p. 57).Deux ou trois grands de quatorze à quinze ans y rôdent et regardent de notre côté; sitôt qu'ils nous ont aperçues, ils rient, font des gestes et désignent leurs lits. Tas de vauriens! Avec ça qu'ils sont tentants! (Colette, Cl. école, 1900, p. 139).
Prononc. et Orth.: [voʀjε ̃], fém. [-jεn]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1558 un bon vault-rien « mauvais sujet » (Bonaventure des Périers, Nouv. récréations, nouv. 100, in Conteurs fr. du 16es., 553 ds Quem. DDL t. 3); 2. 1718 fam. « enfant effronté » (Mmede Maintenon, Lett. à Mmede Caylus, 24 janv. ds Littré). Comp. de vaut, 3epers. du sing. de l'ind. prés. de valoir* et de rien*. Fréq. abs. littér.: 219. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 189, b) 793, xxes.: a) 275, b) 178. Bbg. Quem. DDL t. 7.