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TUMÉFIER, verbe trans.
A. − [Le compl. d'obj. désigne une partie du corps] Causer une tuméfaction, un gonflement de. Coup, chute qui tuméfie le visage, la paupière. Les boutons qui le couvraient envahirent d'abord le front et les joues, qu'ils tuméfièrent presque entièrement (Zola, M. Férat, 1868, p. 241).Son nez restait fort et rouge mais semblait plutôt tuméfié par une sorte de rhume permanent qui pouvait expliquer l'accent nasal dont il débitait paresseusement ses phrases (Proust, Temps retr., 1922, p. 953).
P. métaph. Ils voyaient les maisons, les rues (...) s'échapper, chercher des issues, s'écarter le plus qu'elles pouvaient dans la direction du sol libre. La poussée venait de Paris, se communiquait à travers l'enceinte, tuméfiait la banlieue résistante (Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 197).
B. − Empl. pronom. Devenir tuméfié; augmenter de volume, enfler. Vers le sixième jour, l'articulation est gonflée, la membrane synoviale prend un aspect chagriné; les ganglions inguinaux se tuméfient (Calmette, Infection bacill. et tubercul., 1920, p. 203).Son visage ruisselait de larmes, se bouffissait, se tuméfiait (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 98).
P. anal. Derrière la vitrine (...) se tuméfiait un melon grandi dans de l'alcool (Huysmans, En mén., 1881, p. 29).Les fruits des espaliers se tuméfient (Verhaeren, Camp. halluc., 1893, p. 72).
P. métaph. Quand elle crachait, la terre avait envie de devenir poissonneuse comme la mer et l'Océan lui-même aurait à peine pu répondre, en se tuméfiant d'orgueil: L'écume de mes naufragés n'est pas moins amère (Bloy, Désesp., 1886, p. 206).
Prononc. et Orth.: [tymefje], (il) tuméfie [-fi]. Ac. 1694: -me-; dep. 1718: -mé-. Étymol. et Hist. 1575 (A. Paré, Des Tumeurs contre Nature ds Œuvres, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 1, p. 322). Empr. au lat.tumefacere « gonfler » (comp. de tumere « être gonflé, enflé » et de facere « faire »), avec francisation de la 2epartie d'apr. les verbes en -fier. Fréq. abs. littér.: 12. Bbg. Gohin 1903, p. 365.