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TUANT, -ANTE, part. prés., adj. et subst. masc.
I. − Part. prés. de tuer*.
II. − Adj., fam.
A. − Qui fatigue à l'excès. Synon. claquant (pop.), crevant (fam.), épuisant, éreintant, exténuant, harassant.Métier, travail tuant; démarches tuantes. Il fallait autre chose que les courses landaises (...) pour rester deux heures debout (...) dans ce soleil tuant, aveuglant (A. Daudet, N. Roumestan, 1881, p. 2).En ces années, les loges du Théâtre-Français étaient d'une grande simplicité. Un divan pour étendre et coucher la fatigue d'un rôle tuant, trois ou quatre mauvais fauteuils (E. de Goncourt, Faustin, 1882, p. 245).
B. − Qui assomme, excède; qui est d'un ennui mortel. Synon. énervant (littér.), importun, assommant (fam.), empoisonnant (fam.).Enfant, homme tuant; elle est tuante avec ses questions indiscrètes. Certes l'époque actuelle, même en dehors de ces tuantes et puantes inquiétudes politiques, n'est pas à la poésie (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mém. veuf, 1886, p. 269).Un travail trop connu, même payant, retombe dans la monotonie; lorsque le résultat dépend de trop de hasards (casse fréquente d'outils, par exemple), le jeu devient « tuant pour les nerfs » (Traité sociol., 1967, p. 469).
III. − Subst. masc., hapax. [Dans une oppos. tuant/tué] Celui qui tue. Le héros s'en va. Il se trouvait au milieu du peuple révolté contre les Français dont on avait un peu tué un pékin; il attaquait l'hôpital où gisait le tuant, et cent cinquante braves soldats faisaient feu sur cette canaille (Stendhal, Corresp., t.1, 1807, p. 303).
Prononc. et Orth.: [tɥ ɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1638 « ennuyeux, importun (en parlant d'une visite) » (Chapelain, Lettre ds DG); 2. ca 1660 douleur tuante (Bossuet, Premier sermon sur la Passion, 1 ds Littré); 1671 métier tuant (Sévigné, Lettre à Madame de Grignan du 18 mars ds Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 187). Part. prés. de tuer*. Fréq. abs. littér.: 173.