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TRUCIDER, verbe trans.
Fam., souvent p. plaisant. Tuer, massacrer. Il ne se fût fait nul scrupule de meurtrir et trucider une demi-douzaine de bourgeois qui l'eussent gêné (Gautier, Fracasse, 1863, p. 353).Jésus s'avançait, monté sur le petit de l'ânesse prédit par Zacharie, et il entrait, assourdi par les vivats du peuple, dans cette Jérusalem qui devait, quelques jours après, dans des clameurs de rage, le trucider (Huysmans, Oblat, t. 2, 1903, p. 63).
REM. 1.
Trucidation, subst. fém.,trucidement, subst. masc.,rare, p. plaisant. [Chez L. Daudet] Assassinat, massacre. Ceux frappés à mort tombaient à la renverse, ou droit devant eux, selon que les animait, au moment du heurt fatal et du trucidement, la fuite pâle ou l'impulsion vengeresse (L. Daudet, Sylla, 1922, p. 46).Civilisé ou non, sous les prétextes les plus variés, l'homme éprouve le besoin de supplicier l'homme et je ne pense pas sans effroi que la curiosité anatomique (...) est vraisemblablement issue de cet instinct de trucidation (L. Daudet, Universaux, 1935, p. 233).
2.
Trucideur, subst. masc.,fam., p. plaisant. Tueur. Je servirais le goûter aux gens de ta battue (...) je passerai le cake au puant La Meunière, au petit bourreau Berrelier, au vieil exécuteur Talagnac, au trucideur de pigeons en boîtes Lejouet (Vialar, Homme de chasse, 1961, p. 355).
Prononc.: [tʀyside], (il) trucide [-sid]. Étymol. et Hist. Av. 1476 (Journal parisien de Jean Maupoint, éd. G. Fagnez ds Mém. Sté hist. Paris, t. 4, 1877-78, p. 103), semble disparaître entre le xvie(Gdf.) et la fin du xviiies.: ca 1792 (C. Desmoulins, Les Révolutions de France et de Brabant, III, p. 165 [Germain au procès de Babeuf] ds Brunot t. 9, p. 42); devenu terme plais. 1863 (Gautier, loc. cit.). Empr. au lat.trucidare « égorger, massacrer ». Cf. dès le xives. l'a. prov. trucidar « massacrer », hapax (ca 1330 Rouergue ds Levy Prov.). Fréq. abs. littér.: 10. Bbg. Darm. 1877, p. 184.