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TROMPEUR, -EUSE, adj.
A. − [En parlant d'une pers.; corresp. à tromper A 1 a] Qui trompe, qui est capable de tromper. Synon. fourbe, hypocrite, perfide.Homme rusé et trompeur. Ah! je vois, repartit Giulia, d'un ton bas, combien les hommes sont trompeurs.Oui! exclama l'Italien, en bouffonnant, nous sommes de rusés coquins, et nous commençons à mentir, avant d'avoir nos premières dents (Bourges, Crépusc. dieux, 1884, p. 277).Des salonnardes charmantes, menteuses et trompeuses comme toutes les autres, et particulièrement cette marquise de Sauve (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 84).
[P. méton., en parlant d'un comportement] Propre à tromper autrui. Synon. fallacieux, mensonger.Discours, sourire trompeur; trompeuses promesses. Cette trompeuse attitude cachait la froide et terrible irritation des nerfs du sauvage. (...) ses poings étaient crispés (Balzac, Splend. et mis., 1847, p. 612).Il s'ingéniait à improviser des raisonnements trompeurs mais logiques, et, chaque fois, il répétait, sur le même ton convaincu, les mêmes paroles rassurantes (Martin du G., Thib., Consult., 1928, p. 1060).
Empl. subst., gén. au masc. Peu de méchants, il faut le dire, mais une multitude d'aigrefins et de trompeurs. Le pourcentage des basses canailles est considérable au Palais-Bourbon (Barrès, Cahiers, t. 5, 1907, p. 149).Le dragon avait remarqué la Mariette, qui semblait toujours rire à la vie. Mais elle se défiait de lui, sur son renom de trompeur de filles (Pourrat, Gaspard, 1930, p. 100).
Proverbe. À trompeur, trompeur et demi. Il est permis de tromper qui vous trompe. (Dict. xixeet xxes.).
B. −
1. [En parlant princ. d'inanimés abstr.] Qui induit en erreur, provoque l'illusion; qui cache quelque chose. Synon. fallacieux, faux1, illusoire.Calme, silence trompeur; apparence trompeuse; trompeuse sécurité. Dans les contrées les plus funestes du midi, la nature conserve une sérénité dont la douceur trompeuse fait illusion aux voyageurs (Staël, Corinne, t. 2, 1807, p. 185).On dit très bien que nos réelles idées nous viennent de notre propre expérience; mais on ne considère pas assez que nos premières expériences sont de trompeuses expériences (Alain, Propos, 1931, p. 997).
2. ARTS DÉCOR. Tasse trompeuse. ,,Tasse comportant des ajours dans la partie supérieure et dans laquelle on boit en aspirant par un trou qui est l'aboutissement d'un petit canal dissimulé dans l'épaisseur de la paroi`` (Objets civils domestiques, Paris, Impr. nat., 1984, p. 196).
REM.
Trompeusement, adv.D'une manière trompeuse, qui induit en erreur. De là des confusions et des déceptions qui rendent nos entreprises tour à tour trompeusement faciles ou faussement difficiles (Jankél., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 162).
Prononc. et Orth.: [tʀ ɔ ̃pœ:ʀ], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1390 subst. « personne qui trompe, qui aime à tromper » (E. Deschamps, Œuvres compl., éd. G. Raynaud, t. 7, p. 29); b) 1538 adj. (Est. d'apr. FEW t. 17, p. 378b); 2. 1557 « ce qui induit en erreur, provoque l'illusion » (O. de Magny, Les Souspirs, éd. E. Courbet, 39). Dér. de tromper*; suff. -eur2*. Fréq. abs. littér.: 666. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 554, b) 531; xxes.: a) 537, b) 897.