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TRIGLYPHE, adj. et subst. masc.
I. − Subst. masc., ARCHIT. ,,Panneau orné de deux cannelures biseautées (les glyphes) encadrées par deux demi-cannelures (les demi-glyphes); ils alternent avec les métopes sur la frise de l'entablement dorique`` (Nér. Hist. Art 1985). N'est-ce pas un spectacle empreint de toutes nos sublimités terrestres que l'aspect d'une ville dont les toits pressés, presque tous disposés en amphithéâtre devant un joli port, sont surmontés d'un magnifique portail à triglyphe gothique, à campaniles, à tours menues, à flèches découpées? (Balzac, Langeais, 1834, p. 195).
P. anal., DÉCOR. ,,Chacune des parties saillantes dont la frise de l'entablement dorique est ornée`` (Jossier 1881). Certes, le décor du meuble est envahi dès 1760 par des colonnes, pilastres, denticules, triglyphes, gouttes, cannelures (Viaux, Meuble Fr., 1962, p. 109).
II. − Adj. et subst. masc., MINÉR. (Cristal) ,,ayant la forme d'un cube chargé de stries (dues à la présence de macles), dont les directions sont perpendiculaires entre elles sur les trois faces concourant à la formation d'un même angle solide`` (GDEL). Des cristaux très réguliers, à 98 facettes (...), chaque couple de faces portant des stries parallèles à l'une des trois directions d'arêtes du cube, de telle sorte que les stries d'une face sont perpendiculaires à la fois sur celles des quatre faces adjacentes (pyrite triglyphe) (Lapparent, Minér., 1899, p. 561).
Prononc. et Orth.: [tʀiglif]. Att. ds Ac. 1694 et dep. 1762. Étymol. et Hist. 1526-37 tablette trigliffe (D. de Sagredo, Raison d'archit. ant., 36 vods Cah. lexicol. t. 19, p. 107); 1547 triglyphe (J. Martin, Archit. Vitruve, p. 45). Empr. au lat.triglyphus, att. par Vitruve, gr. τ ρ ι ́ γ λ υ φ ο ς (adj.) « à trois pointes » (de τ ρ ε ι ̃ ς « trois » et γ λ υ ́ φ ω « tailler, sculpter ») puis subst. de genre indéterminé désignant l'ornement des architraves d'ordre dorique. Bbg. Born. 1967, p. II, 43.