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TRACAS, subst. masc.
I.
A. − Vieilli
1. Bruit, agitation, effervescence. Suer toute la haine pour à peu près rien! Est-ce assez humiliant quand on est un mécanisme d'hostilité à broyer le monde! Mettre en mouvement tous ses engrenages, faire dans l'ombre un tracas de machine de Marly, pour réussir peut-être à pincer le bout d'un petit doigt rose! (Hugo, Homme qui rit, 1869, t. 2, p. 40).
2. Dérangement. Au moment d'un grand bal, on livre au tapissier sa chambre, son bureau... c'est un tracas du diable! (Bayard, Ménage paris., 1844, I, 5, p. 306).
B. − Inquiétude, soucis passagers qui ont généralement pour cause des préoccupations d'ordre matériel. Tracas administratifs; incessants tracas; tracas d'argent; source de tracas. Et, comme Octave lui serrait les mains, en le remerciant, en s'excusant de lui avoir donné tout ce tracas (Zola, Pot-Bouille, 1882, p. 7).L'amour quotidien, l'ambition personnelle, les tracas journaliers, n'ont de valeur qu'en réaction avec cette sorte d'affreux lyrisme qui est dans les mythes auxquels des collectivités massives ont donné leur consentement (Artaud, Théâtre et son double, 1938, p. 102).
II. − TECHNOL., vx. Ouverture pratiquée dans le plancher des divers étages d'une fabrique pour permettre le passage des matériaux. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth.: [tʀaka], [-ɑ]. Barbeau-Rodhe 1930 [ɑ] (mais: tracasse [-as]); Warn. 1968, Lar. Lang. fr. [a]; Martinet-Walter 1973, Rob. 1985 [a], [ɑ]. Pour la substitution au xixes. de [a] à [ɑ] d'apr. tracasser où le 2ea est en position inaccentuée (antérieur et bref) et d'apr. les finales -a et -at v. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 no1 1981, p. 217. V. aussi -as. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1507 traquas « souci, peine, embarras » (Sotise a huit personnaiges, 1080 ds Rec. de sotties, éd. E. Picot, t. 2, p. 78); 2. 1611 tracas « mouvement accompagné d'embarras pour des choses de peu d'importance » (Cotgr.); 3. 1671 « métier que l'on fait » (La Fontaine, Contes, éd. H. Régnier, t. 5, p. 492); 4. 1694 « désordre, dérangement » (Ac.). B. 1765 « ouverture qui, dans certaines fabriques, est pratiquée dans les planchers des divers étages » (Encyclop.). Déverbal de tracasser*. Fréq. abs. littér.: 226. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 169, b) 468; xxes.: a) 487, b) 272.