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TERGIVERSATION, subst. fém.
A. − Vieilli. Fait de tergiverser. Cet homme, dont la vie politique a été marquée par une tergiversation singulière et des fautes assez graves (Delécluze, Journal, 1826, p. 331).Ils hésitaient, ils ne se prononçaient pas: il devenait manifeste, par la tergiversation de la cour, qu'ils tomberaient dans l'usurpation plutôt que de se voir engloutis dans la république (Chateaubr., Mém., t. 3, 1848, p. 620).
B. − Gén. au plur. Moyen(s) mis en œuvre pour éluder ou retarder une décision, une réponse, un engagement précis. Synon. atermoiement, dérobade, faux-fuyant, louvoiement.Perdre son temps en tergiversations. Il faut voir dans Appien l'imprévoyance et les tergiversations misérables de Cicéron qui régnait alors à Rome (Michelet, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 293).Les conseils que je réunis au cours d'un automne surchargé ne se perdirent pas en tergiversations. En l'espace de quelques semaines, le gouvernement prit un ensemble de mesures qui empêchèrent que la nation s'en allât à la dérive (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 36).
Prononc. et Orth.: [tε ʀ ʒivε ʀsasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. Ca 1300 « fait de tergiverser » (Coutumier d'Artois, éd. A. Tardif, p. 112: ele [la renommée] ne puet, en aucune tergiversation iestre celee), attest. isolée; à nouv. 1541 (Calvin, Institution de la relig. chrét., éd. J. D. Benoît, I, V, 14, t. 1, p. 84: toute tergiversation nous est ostée); 2. av. 1615 plur. « moyens dilatoires » (E. Pasquier, Recherches de la France, p. 438 ds La Curne: tergiversations et remises). Empr. au lat.tergiversatio « tergiversation, lenteur calculée, détour », dér. de tergiversari (tergiverser*). Fréq. abs. littér.: 40.