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TENABLE, adj.
A. − [Corresp. à tenir 1reSection I A 3, le plus souvent dans un cont. nég.] Qu'on peut tenir, maîtriser. Anton. intenable.Jonkind il était plutôt sage... Seulement fallait pas l'exciter... Il était plus tenable par exemple dès qu'on croisait les militaires, les fanfares (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 312).
B. − [Corresp. à tenir 1reSection III A 1] MAR. Où l'ancre peut tenir, s'accrocher. Il est une multitude de côtes, de rades exclusivement abordables et tenables au navire; ce qui lui est un avantage sensible sur le vaisseau (Maizière, Nouv. archit. nav., 1853, p. 64).
C. − [Corresp. à tenir 1reSection III B 1] Où l'on peut tenir, résister. Synon. supportable.Avoir une bonne chambre bien fermée, sans feu, il est vrai, mais tenable cependant à l'aide de tous nos pardessus (Miomandre, Écrit sur eau, 1908, p. 253).
D. − [Corresp. à tenir 1reSection III B 1 et IV A 1] Lang. milit. Où on peut tenir, qu'on peut occuper, défendre. Synon. défendable; anton. intenable.Position tenable. Sous le feu de leurs canons, nos postes ne seront plus tenables (Verne, Île myst., 1874, p. 445).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Les soldats des Malouines ont de quoi tenir trois mois (...) les Américains estiment la limite du « tenable » à trente jours (L'Express, 13 mai 1982ds Rob. 1985).
Au fig., lang. cour., PHILOS., POL. [Le plus souvent dans un cont. nég.] Qui peut tenir, être soutenu. Synon. défendable, soutenable.Attitude, hypothèse, situation qui n'est pas tenable? Le dualisme ontologique de Spir est-il tenable ? (G. Marcel, Journal, 1914, p. 11).
Prononc. et Orth.: [tənabl̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1160-74 à propos d'une ville, d'un pays « que l'on peut défendre contre l'ennemi » (Wace, Rou, éd. A.-J. Holden, I, 534: la cité mout deffensable, bien enforchie et bien tenable); 2. 1631 p. ext. à propos d'un endroit, en constr. nég. « où l'on ne peut demeurer (en vertu de conditions difficiles) » (N. Peiresc, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 2, p. 176: Il se faudra enfin resoudre de gaigner la clef des champs, la place n'estant plus guieres tenable pour ceux qui ne sont pas assez robustes pour résister à des grands maulx [en période d'épidémie]). Dér. de tenir*; suff. -able*. En a. et m. fr. tenable a été d'usage fréq., dans différentes accept. liées à celles de tenir: comme subst. au sens de « celui qui tient un bien (dans certaines conditions), vassal » et comme adj. aux sens de « fiable (d'une parole) », « durable, constant (d'un sentiment, d'une personne) », « que l'on peut tenir ou retenir (d'un objet) », « qui résiste (d'une couleur) », v. Gdf. et T.-L. Fréq. abs. littér.: 79. Bbg. Verreault (Cl.). Les Adj. en -able en franco-québécois. Trav. de ling. québécoise. 3. Québec, 1979, pp. 218-219, 223.