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SUSPENSE1, subst. fém.
A. − DR. CANONIQUE. Mesure par laquelle l'autorité ecclésiastique suspend un prêtre de ses fonctions (ou le prive de l'usage de son bénéfice) pendant un temps plus ou moins long; p. méton., état d'un ecclésiastique suspens. Encourir la suspense. Un prêtre qui dit la messe pendant sa suspense devient irrégulier (Ac.1798-1878).Monseigneur (...) exigea le retour de l'abbé Lejeune à Source (...) lui enjoignit d'aller vivre en retraite à la maison des missionnaires, à Source, jusqu'à ce qu'il eût été définitivement statué sur son compte, et cela sous peine de suspense ipso facto (Billy, Introïbo, 1939, p. 87).
Suspense a divinis. Mesure qui frappe un ecclésiastique suspendu a divinis; état d'un ecclésiastique suspendu a divinis. La suspense a divinis qui défend tout acte du pouvoir d'ordre (Lar. encyclop.).
B. − HIST. DU DR. Charte de suspense. [Sous l'Ancien Régime] ,,Charte royale en vertu de laquelle tout procès intenté à une personne qui était absente pour le service ou par les ordres du prince demeurait en surséance jusqu'à son retour`` (Bouillet 1859).
Prononc. et Orth.: [syspɑ ̃:s]. Homogr. suspense2. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. 1312 souspense « arrêt, interdiction » (Ordonnance de Philippe le Bel ds Ordonnances des rois de France, t. 1, p. 507); 1718 spéc. (Ac.: Suspense Subs. fém. Censure par laquelle un Ecclesiastique est declaré suspens [...] Il signifie l'estat où un Ecclesiastique est mis par cette censure); 2. ca 1465 « interruption, délai » (G. Chastellain, Chron., VI, 18, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 4, p. 339). Forme fém. subst. de suspens1, peut-être sur le modèle de mots comme défense*, dépense*, offense*.