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SURAIGU, -UË, adj.
A. − [En parlant d'un son, d'une voix] Qui est très aigu. Cri suraigu; voix suraiguë. [Brague] frappe du poing la cloison de planches, derrière laquelle répond un « oui » suraigu (Colette, Entrave, 1913, p. 101).
MUS. Qui est placé dans une octave supérieure à l'aigu. Un trait vocalisé volant comme une flèche jusqu'à l' « ut » suraigu (Berlioz, À travers chants, 1862, p. 198).Le registre suraigu des soprani et des ténors doit être évité; même s'il est parfaitement émis, il a tendance à manquer de calme et de naturel: il appartient à la musique profane (Potiron, Mus. église, 1945, p. 46).
B. −
1. Très intense.
a) [En parlant d'une douleur] [La douleur provoquée par une colique hépatique] s'intensifie pour devenir vite intolérable. Elle évoque un broiement, une torsion, une déchirure profonde, continue mais avec des paroxysmes suraigus (Quillet Méd.1965, p. 145).
b) [En parlant de l'évolution d'une maladie, d'une crise] Des septicémies à évolution suraiguë (Nocard, Leclainche, Mal. microb. animaux, 1896, p. 470).
2. Au fig. Très pénétrant.
a) [En parlant du regard, de l'attention, du jugement] Ce qu'il s'agissait de montrer, c'est la nécessité de cette profonde sagacité, de ce sens critique suraigu, dont font part les chercheurs orientés dans cette voie (P. Morand, Confins vie, 1955, p. 13).
b) [En parlant d'une sensation, d'une impression] Meredith était beau, d'une beauté singulière, suraiguë, angoissante, creusée par la douleur et le rêve (L. Daudet, Entre-deux-guerres, 1915, p. 286).
Prononc. et Orth.: [syʀ εgy], [-ʀe-]. Littré, Lar. Lang. fr. [ε], Passy 1914, Rob. 1985 [e]. Barbeau-Rodhe 1930, Warn. 1968 (,,soutenu`` et ,,courant`` respectivement), Martinet-Walter 1973 (13 et 4 sujets respectivement) [ε], [e]. Att. ds Ac. dep. 1798. Le Conseil sup. de la lang. fr. ds Doc. admin. du J.O., 6 déc. 1990, p. 16a recommande de placer le tréma sur la voy. prononcée: suraigüe. Étymol. et Hist. 1. 1705 mus. (Brossard, p. 307); 2. 1855 méd. (Nysten); 3. 1883 fig. (Bourget, Essais psychol., p. 220: par une continuelle et suraiguë conscience de sa personne). Dér. de aigu*; préf. sur-*. Fréq. abs. littér.: 84.