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STRIGILE, subst. masc.
A. − ANTIQ. ROMAINE. Racloir courbe de bronze, d'argent, d'ivoire, etc., comportant un manche et une tige incurvée en forme de s, utilisé pour nettoyer le corps lors du bain ou pour racler l'huile dont s'étaient oints les athlètes. Malgré sa répugnance et son orgueil, le suffète y plongea l'enfant [dans la vasque], et, comme un marchand d'esclaves, il se mit à le laver et à le frotter avec les strigiles et la terre rouge (Flaub., Salammbô, t. 2, 1863, p. 102).
B. − P. anal., ARCHIT. Cannelure en forme de s servant de motif décoratif. Les strigiles ont servi dans l'Antiquité à décorer nombre de baignoires et de sarcophages (Havard1890).
REM.
Strigiler, verbe trans.,hapax. Racler avec des strigiles. [Leurs masseurs] les savonnaient, les bouchonnaient, les strigilaient, les douchaient, les frottaient et les précipitaient enfin, brûlants, meurtris, pantelants, dans la piscine glacée (Martin du G., Devenir, 1909, p. 60).
Prononc. et Orth.: [stʀiʒil]. Ac. 1762: -gille; dep. 1798: -gile. Étymol. et Hist. 1. 1544 antiq. « sorte d'étrille pour râcler la peau au sortir du bain » ici, fig. (Scève, Délie, éd. M. Parturier, CLXXIV, p. 126); 1558 nettoyer avecq des esponges et strigiles (J. de Coras, Alterc. en forme de dial., p. 151 ds Gdf. Compl.), rare jusqu'au xviiies.; fin xviies. strigil (Misson d'apr. Trév. 1752) − 1771, Trév.; 2. 1872 antiq. « cannelure décorative » (Littré); cf. 1891, août (Goncourt, Journal, p. 135). Empr. au lat.strigilis relevé aux sens 1 (v. étrille) et 2 (Vitruve).