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SPÉCIALISER, verbe trans.
A. − Rendre quelqu'un ou quelque chose apte à un emploi précis, déterminé, restreint. Devant un tribunal que dire de « il a refusé de porter arme ». Voyez-vous un acquitté rentrant à la caserne. Le délit de droit commun, le vol, le donner au tribunal. A notre époque où on spécialise la justice. L'officier aime le soldat (Barrès, Cahiers, t. 5, 1906, p. 70).La ville américaine a son appareil de circulation permettant de spécialiser les quartiers, de séparer la ville des affaires de la ville du home, d'interposer entre elles d'immenses parcs, d'avoir sa campagne à l'intérieur (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p. 295).
Empl. abs. Restreindre par souci d'approfondissement un domaine de connaissance et ses applications. Si l'infirmité de notre entendement nous porte à morceler et à spécialiser pour mieux comprendre les choses, la tendance de notre esprit vers les causes nous porte à généraliser et chercher par cette analyse même la loi qui nous représente la cause idéale (Cl. Bernard, Princ. méd. exp., 1878, p. 135).
B. − Empl. pronom.
1. [Le suj. désigne un animé] Se consacrer à une occupation, à une recherche, à un métier déterminé. Baudelaire ne fut peut-être qu'un esprit laborieux qui sentit et comprit par Poe des choses nouvelles et se raidit toute sa vie pour se spécialiser (Blanche, Modèles, 1928, p. 15).Les Canadiens ont, pour leur part, continué de se spécialiser dans l'étude des réacteurs à uranium naturel modérés à eau lourde (Goldschmidt, Avent. atom., 1962, p. 139).
2. [Le suj. désigne un inanimé] Être limité à un emploi spécial, restreint. Les fonctions politiques, administratives, judiciaires, se spécialisent de plus en plus. Il en est de même des fonctions artistiques et scientifiques (Durkheim, Divis. trav., 1893, p. 2).
Prononc. et Orth.: [spesjalize], (il) spécialise [-li:z]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1. Ca 1535 « préciser » (G. De Selve, Vies de Plutarque), attest. isolée; 2. 1819 « indiquer, désigner spécialement » (Boiste); 1823 se spécialiser « être désigné d'une manière particulière » (ibid.); 3. 1826 spécialiser « donner un emploi spécial, déterminé et restreint » (Comte, Opuscules de Philos. soc., 5eopuscule, mars, Paris, Leroux, 1883, p. 262); 1843 se spécialiser « se cantonner dans une branche particulière d'études, de recherches » (Balzac, Illus. perdues, p. 667). Dér. de spécial*; suff. -iser*. Fréq. abs. littér.: 101.