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SORITE, subst. masc.
LOG. ,,Polysyllogisme dans lequel l'attribut de la première proposition devient le sujet d'une seconde proposition et ainsi de suite jusqu'à une conclusion qui unit le sujet de la première proposition à l'attribut de la dernière`` (Aur.-Weil 1981). D'ailleurs si l'on convient que la justesse de tout jugement consiste à ce que le sujet renferme l'attribut, et la justesse de tout raisonnement, à ce que le premier sujet renferme le dernier attribut, il faut bien convenir que tout raisonnement juste revient à un sorite; car le sorite est précisément une suite de jugemens, dont l'attribut devient le sujet du jugement subséquent, de sorte que le dernier attribut peut devenir l'attribut du premier sujet: c'est dire la même chose de deux façons différentes (Destutt de Tr., Idéol. 3, 1805, p. 367).
Prononc. et Orth.: [sɔ ʀit]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1558 log. sorite (d'apr. Bl.-W.1-5); 1765 id. (Encyclop. t. 15). Empr. au lat. class.sorites « id. », du gr. σ ω ρ ε ι ́ τ η ς « sophisme fondé sur une accumulation de prémisses », lui-même dér. de σ ω ρ ο ́ ς « tas », fin xvies., P. Le Loyer, Hist. des spectres, I, 53, éd. de 1586 ds Gdf. Compl. utilise sorites qu'il considère comme un mot gr.: gradation et accumulation de syllogismes que les Grecs appellent sorites; cf. aussi en 1613 (César de Nostredame, Hist. de Provence ds Delb. Notes mss: la deduction que les logiciens appellent sorites). Fréq. abs. littér.: 12.