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SORBONNE, subst. fém.
I. − Arg., vx. Cerveau, esprit, tête en tant que siège de la pensée. Quand il a mis quelque chose dans sa sorbonne, le diable ne lui en feroit pas sortir (Hautel1808).La tête d'un voleur a deux noms: la sorbonne, quand elle médite, raisonne et conseille le crime; la tronche, quand le bourreau la coupe (Hugo, Dern. jour condamné, 1829, p. 52).
II. − ÉBÉN., MENUIS. ,,Petite plate-forme carrelée et surmontée d'un tuyau en tôle, sur laquelle, dans les ateliers de menuiserie et d'ébénisterie, on fait chauffer la colle, l'eau, le bois, etc.`` (Havard 1890). Les ateliers d'ébénisterie contiennent généralement une sorbonne dans laquelle on brûle des copeaux et déchets (Champly, Nouv. encyclop. prat., t. 20, 1927, p. 57).
Prononc. et Orth.: [sɔ ʀbɔn]. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. I. 1. 1535 « l'une des trois thèses de la licence de théologie, à la faculté de Paris » (Arrêt du Parlement d'apr. Fur. 1701, s.v. sorbonnique); 2. 1541 « école de théologie » (Calvin, Institution chrétienne, III, 14, éd. J.-D. Benoit, t. 3, p. 259: ce qu'on en peut babiller, ou mentir, en quelque anglet d'une sorbonne). II. 1. 1803 « lieu où l'on fait chauffer le bois et la colle » (Boiste); 2. 1904 « sorte d'auvent, permettant de donner de l'air à l'intérieur d'un atelier » (Nouv. Lar. ill.). III. 1808 arg. (Hautel). Empl. comme n. commun de Sorbonne, n. donné au premier collège d'études théologiques fondé à Paris par Robert de Sorbon (1201-1274), collège qui plus tard devint la faculté entière de théologie, et au xixes. le siège des trois facultés, théologie, lettres et sciences. Les empl. techn. sous II semblent reposer sur l'image de la chaire. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907], pp. 301-302.