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SOLFÈGE, subst. masc.
MUSIQUE
A. − Exercice de pratique musicale qui consiste en la lecture chantée des notes, dont l'exécutant doit respecter la durée, la hauteur, l'intensité et le phrasé. Solfège rythmique, vocalisé. La vocalise, le solfège constituent des chants sans paroles (Schaeffner,Orig. instrum. mus., 1936, p. 19).Solfège avec changements de clés (clés de sol et de fa usuelles et trois clés d'ut: première, troisième et quatrième lignes) (Enseign. mus., 1, 1950, p. 18).
B. − Discipline de base de l'enseignement musical consistant à développer la perception des sons et des rythmes ainsi que la connaissance de tout ce qui se rattache aux signes employés pour écrire la musique. Classe, cours, examen, exercice, leçon, professeur de solfège; étudier le solfège. La musique adoucissait les mœurs, Pécuchet imagina de lui apprendre le solfège (Flaub.,Bouvard, t. 2, 1880, p. 174).[MmeMantet] le fit admettre [Debussy] en 1873 (...) dans la classe de solfège d'Albert Lavignac (Emmanuel,Pelléas, 1929, p. 10).
C. − Livre de théorie musicale, recueil d'exercices, de déchiffrages dont les difficultés sont progressives. Des harpes, des pianos, des solfèges, des cartons de dessins, étaient rangés sur les côtés du théâtre (Jouy,Hermite, t. 1, 1811, p. 83).En passant devant la loge, Gazonal aperçut mademoiselle Lucienne Ravenouillet qui tenait à la main un solfège, elle était élève du Conservatoire (Balzac,Comédiens, 1846, p. 327).
Prononc. et Orth.: [sɔlfε:ʒ]. Ac. 1798-1835: solfége (id. ds Littré, mais: ,,on prononce malgré l'accent aigu``); dep. 1878: -fè-. Ouverture de e accentué devant cons. et normalisation de la graph. (v. abréger et G. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 n o1 1981, pp. 204-205). Étymol. et Hist. 1798 (Ac.: Solfège [...] Assemblage de notes de musique, et aussi étude de cet assemblage). Empr. à l'ital.solfeggio (av. 1789, Sacchi ds Tomm.-Bell.), déverbal de solfeggiare « solfier », dér. de solfa « solfège » (cf. solfier; cf. Rousseau 1768, s.v. solfier: On a en Italie, un recueil de leçons à solfier [it. ds la texte], appelées solfeggi [id.]). Fréq. abs. littér.: 47.
DÉR.
Solfégiste, subst.,mus., péj. Celui qui privilégie la technique musicale par rapport à l'expression. Jouer ou chanter juste, lire des notes « en mesure » avec plus ou moins de facilité leur suffit. Ce sont des « solfégistes » (Arger, Init. art chant, 1924, p. 182).[sɔlfeʒist]. 1reattest. 1924 id.; de solfège, suff. -iste*.
BBG. Hope 1971, p. 365.