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SOLDER1, verbe trans.
Vieux
A. −
1. Avoir des troupes à sa solde; payer des mercenaires. Charles VII, roi faible et frivole, successivement gouverné par de mauvais ministres, sans que la gloire puisse s'attacher à son nom ni à aucun autre de cette époque, réussit à commencer une sorte d'administration, à régler les impôts, à solder régulièrement les troupes, à avoir quelque police (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 76).Pendant que Lucullus s'avance lentement vers le Pont, Mithridate, se jouant de la poursuite de ses ennemis qui crurent le prendre dans Nicomédie, avait déjà soldé, armé de nouvelles bandes de Barbares, qu'il envoyait chercher jusque chez les Scythes (Michelet, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 195).
2. Avoir, prendre quelqu'un à sa solde.
[P. méton. de l'agent] Des brigands, soldés apparemment par une vengeance particulière, l'enlevèrent [le marquis] sans le maltraiter (Stendhal, Chartreuse, 1839, p. 478).
[P. méton. de l'obj.] L'Institut Encourage les mœurs et solde la vertu (Pommier, Colères, 1844, p. 66).
B. −
1. Payer à quelqu'un ce qui lui est dû. Le gentilhomme s'étant résigné, Arnoux lui solda vingt-cinq louis, et, dès qu'il fut dehors: − « Sont-ils assommants, ces grands seigneurs! » − « Tous des misérables! » murmura Regimbart (Flaub., Éduc. sent., t. 1, 1869, p. 46).
2. Rétribuer un salarié. Ce n'était (...) que son cuisinier [de Napoléon] à Sainte-Hélène; et [un baron racontait] que n'ayant pas eu le moyen de le solder en le congédiant, il l'avait, pour s'acquitter, créé comte et conseiller d'État (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 641).Il lui faut 40 000 francs pour satisfaire aux engagements pris avec ses fournisseurs et pour solder ses ouvriers (Viollet-Le-Duc, Archit., 1872, p. 421).
Prononc. et Orth.: [sɔlde], (il) solde [sɔld]. Homon. et homogr. solder2. Att. ds Ac. 1835, 1878. Étymol. et Hist. 1527 soulder « payer une solde à » (Seyssel, Trad. Thucydide, IV, 7, 128 r ods Hug.); 1573 solder (Arch. munic. de Bayonne, Reg. fr., I, 331 d'apr. K. Baldinger ds R. Ling. rom. t. 20, p. 85), seulement au xvies.; de nouv. 1789 (Moniteur, 24 juill., réimpr. 1847-63, t. 1, p. 195a d'apr. Th. Ranft ds Z. fr. Spr. Lit. t. 35, p. 145). Dér. de solde1*; dés. -er.