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SINOQUE, SINOC, adj. et subst.
Arg., pop. (Celui, celle) qui est fou (folle), imbécile. Synon. cinglé.Il n'y a pas de dingos dans ta famille, dans la mienne non plus. C'est malheureux parce qu'il n'y a rien de tel pour vous donner du génie que d'avoir un oncle cinglé ou une grand'mère sinoque (Queneau, Loin Rueil, 1944, p. 37).Que de prisonniers rongés de mélancolie ont fini par sombrer dans le dérangement cérébral et par devenir ce que le langage populaire désigne sous les noms de « cinglés », de « mabouls », de « synoques » et de « marteaux »! (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 250).− Foutons le camp, les gars, cria Lubéron. − T'es pas sinoc? Ils nous ont vus, y a pus qu'à les attendre (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 146).
REM.
Sinoqué, -ée, adj.,arg., pop. [En parlant d'une pers.] Rendu sinoque. Ses babines (...) jactèrent au sculpteur sinoqué d'amour et d'émotion: « Je t'aime, chéri... » (P. Devaux, Les Dieux verts, Paris, Nouv. R. crit., 1943, p. 173).
Prononc. et Orth.: [sinok]. Rob. 1985: ,,La var. cinoque semble plus tardive``. Autres var. sinocque (Sartre, Sursis, 1945, p. 327 et Stollé, Contes, Belle au bois dormant, 1947, p. 2), synoque (Ambrière, loc. cit.; également ds Queneau selon Rob. 1985 qui explique cette graph. ,,par jeu étymologique``). Étymol. et Hist. 1926 arg. milit. sinoc (sold. à Fez ds Esn. 1966); 1935 arg. cour. id. (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi! p. 216); 1936 sinoque (Céline, Mort à crédit, p. 691). Orig. peu claire; peut-être (cf. Esn.) empr. au savoy. sinoc « bille à jouer » (A. Constantin, J. Desormaux, Dict. savoy., Paris-Annecy, 1902; v. aussi FEW t. 22, 1, p. 193a: Thônes, sinoc « bille (de pierre ou de marbre) ») empl. dans la lang. milit. avec une évol. parallèle à celle de bille signifiant « tête », puis « niais ».