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SINISER, verbe trans.
Rendre chinois; donner certains caractères chinois. Au part. passé. Les pays sinisés avaient adapté, chacun suivant ses traditions et ses aspirations propres, l'esprit de la danse chinoise à ses créations mimiques et musicales (Cuisinier, Danse sacrée, 1951, p. 64).Les noms de famille d'origine Xianbei [groupe turco-mongol] sont sinisés (Encyclop. univ.t. 41969, p. 280).V. mandchou ex.
Empl. pronom. réfl. [Le suj. désigne une pers., un ensemble de pers.] Devenir chinois; adopter tout ou partie de la civilisation chinoise. Les Mongols (...) s'étaient sinisés au point d'être souvent méconnaissables et, cependant, ils n'étaient pas arrivés à prononcer le chiffre dix avec l'intonation du sud (Paris-Match, 18 mars 1967, p. 84, col. 3).
REM.
Sinisant, -ante, part. prés. en empl. adj. et subst.a) Adj. [En parlant d'une pers.] Qui porte de l'intérêt à la Chine, à sa civilisation; dont la vie, l'œuvre est marquée par la Chine. V. asiatisme ex. 3.b) Subst. Spécialiste de la Chine; connaisseur de la langue chinoise. Pour qualifier les caractères chinois, à côté d'idéogramme, qui est encore couramment employé par les sinisants, les linguistes ont proposé plusieurs termes (V. Alleton, L'Écriture chinoise, 1984, p. 7).Empl. apposé. Tout indigne que je me sente et me sache, amateur sinisant, d'écrire sur Marcel Granet, je lui dois trop pour ne pas triompher de ce scrupule (Étiembleds Ét. chinoisest. 4, n o2, 1985, p. 13).
Prononc.: [sinize], (il se) sinise [-ni:z]. Étymol. et Hist. 1936 sinisant part. prés. adj. des poètes sinisants (Arts et litt., p. 38-9); 1942 siniser (J. Auboyer, Les Arts de l'Extrême-Orient, p. 17). Comp. de l'élém. formant sino-* et du suff. -iser*.
DÉR.
Sinisation, subst. fém.Action de siniser; résultat de cette action. Sa sculpture échappe à l'art chinois malgré la sinisation des visages (Malraux, Voix sil., 1951, p. 167).Cette consolidation du pouvoir mandchou (...) s'est accompagnée d'une sinisation de l'aristocratie mandchoue (Encyclop. univ.t. 41969, p. 289). [sinizasjɔ ̃]. 1reattest. 1942 (J. Auboyer, op. cit., p. 18); de siniser, suff. -(a)tion*.