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SERPENTER, verbe intrans.
A. −
1. Former, décrire une ligne sinueuse; se dérouler, se développer en formant des ondulations, des sinuosités. Synon. onduler.Fleuve, rivière, ruisseau qui serpente; lierre, liane, racines qui serpente(nt). La salle où siégeait le tribunal était comble et la multitude, refoulée dans les escaliers, serpentait jusque dans les cours (Huysmans, Là-bas, t. 2, 1891, p. 137).Les mèches grises n'étaient point cachées et serpentaient autour de ses yeux inquiets (Proust, Sodome, 1922, p. 1129).
2. Se déplacer, progresser en suivant une ligne sinueuse. Elle seule [la gondole à Venise] peut serpenter à travers les réseaux inextricables et l'infinie capillarité des rues aquatiques (Gautier, Italia, 1852, p. 72).Laurier aux feuilles luisantes et dures. Rues dallées, aux arcades qu'abritent des grandes tentures de couleur ocre, flottantes, où serpentent sans bruit des cyclistes (Barrès, Cahiers, t. 11, 1916, p. 168).
3. P. anal. ou au fig. Se répandre, se propager en suivant un cours ondoyant ou en s'insinuant avec insistance. Cependant cette mer d'harmonie n'est point un chaos. Si grosse et si profonde qu'elle soit, elle n'a point perdu sa transparence. Vous y voyez serpenter à part chaque groupe de notes qui s'échappe des sonneries (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 163).C'était là au fond; ça commençait à faire mal. Dans son échine serpentait la brûlure, puis la glace de la fièvre (Giono, Gd troupeau, 1931, p. 137).
B. − Rare. [Le suj. désigne certains animaux, reptiles, vers, etc.] Ramper avec des mouvements sinueux. Le ver qui serpente et s'enfuit Sous l'herbe ou la feuille qui tombe (Delavigne, Messéniennes, 1824, p. 65).Un serpent n'avance pas, comme on l'imagine, en formant des arcs au-dessus du sol, mais en « serpentant » sans quitter la terre, comme un cours d'eau (Maurois, Journal, 1946, p. 50).
REM.
Serpentant, -ante, adj.Sinueux, ondulant. La douce ligne serpentante des collines en face, ondulantes et fumeuses à gauche ainsi qu'une grève perdue dans de la vapeur, élancées sur la droite, montantes, accentuées, dessinant à leur pointe le souvenir du sein tari d'un volcan (Goncourt, MmeGervaisais, 1869, p. 150).
Prononc. et Orth.: [sε ʀpɑ ̃te], (il) serpente [-pɑ ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1370 « suivre un cours tortueux, sinueux » (Jean Le Fevre, Lamentations Matheolus Leesce, éd. Van Hamel, 11, 2505); 2. 1765 fig. « s'introduire de façon insidieuse » (Diderot, Essai sur la peinture, 4 ds Littré). Dér. de serpent*; dés. -er. Fréq. abs. littér.: 363. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 801, b) 721; xxes.: a) 395, b) 233. Bbg. Gohin 1903, p. 347.