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SECOUÉE, subst. fém.
Rare
A. − Région.
1. Mouvement brusque. Synon. coup, saccade, secousse.Une brusque secouée de la corde (...) l'arrêta net au milieu de son couplet (A. Daudet,Tartarin Alpes, 1885, pp. 190-191).Elle va, de rage, dans cette herbe qui se noue à son pas et qu'elle arrache à brusques secouées de souliers (Giono,Gd troupeau, 1931, p. 155).
En partic.
Averse, coup de vent violent. La pluie implacable tombait, avec des semblants d'apaisements suivis presque aussitôt de brutales secouées (Courteline,Train 8 h 47, 1888, p. 146).Une bourrasque d'automne (...) une secouée décisive pour achever d'effeuiller les bois (Loti,Ramuntcho, 1897, p. 263).
Volée de coups; altercation, querelle vive. Grange s'accrocha au bras de Gaspard. Une mêlée, une secouée, le banc se renversa, et l'homme (...) put pousser un hurlement avant que Gaspard l'eût jeté à moitié étranglé sur les dalles (Pourrat,Gaspard, 1931, p. 278).
2. Correction physique ou choc moral. Synon. secousse.Fernand Xau revint s'asseoir (...), trempé de sueur. Son innocence en cette affaire fut finalement à peu près établie, mais il avait eu joliment chaud. Quelle secouée! (L. Daudet,Entre-deux-guerres, 1915, p. 178).
B. − Pop. Grand nombre, grande quantité. Synon. pop. flop(p)ée.J'en ai vu [des embusqués] d'un seul coup, toute une secouée à un gueuleton (Barbusse,Feu, 1916, p. 132).
Prononc.: [səkwe]. Étymol. et Hist. 1598 secouee de bride « saccade » (L'Ecuirie de Fed. Grison, p. 58 ds Gdf.), a vécu dans les parlers région. aux sens de « effort pour faire tomber; action de secouer, en particulier les arbres, d'où: quantité de fruits tombés » (J. Humbert, Nouv. gloss. genev., 1852; Jônain 1869), « réprimande, correction » (J. Humbert, loc. cit.; Jônain 1869; L. Du Bois, J. Travers, Gloss. du pat. norm., Caen, A. Hardel, 1856; Moisy 1885), sens passés dans le lang. pop. Déverbal de secouer*.